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Causeries

Rue Bricabrac - Tour de clef

Rue Bricabrac – Tour de clef

30 novembre 2015

Ce Jeudi là, enfin, nous sommes sur la bonne voie. Mais ça nous coûtera 30 euros. C’est ballot. On est un peu coquin et prêt à tout pour créer des conditions nouvelles. Il y avait peu de visite des enfants à l’entour. On peinait à se concerter et à échanger avec les utilisateurs des lieux partagés. La solution fut trouvée de façon surprenante. Casser ! Briser, jeter ! … Ne partez pas en courant il ne s’agit que d’une clef et même pas celle d’un paradis perdu avec lequel on a peu d’accointance.
Une pauvre petite clef qu’un gros cadenas garde en son sein, ça peut paraître anodin. Ca le sera moins lorsqu’on aura précisé qu’il s’agit du grand portail par lequel entrent les voitures dans les lieux : locataires, membres d’associations diverses. Au bas mot, une bonne vingtaine de personnes qu’il faut recontacter pour leur fournir la nouvelle clef du cadenas flambant neuf. Pas mal ce coup là pour mettre en contact tout ce beau monde !
Et puis en attendant et bien il reste fermé mais ouvrable sans serrurier. D’ailleurs le mistral l’a bien compris et s’est chargé de pousser en grand les deux montants. Malin qu’il était, il ne cessa pas son œuvre de tout ce jeudi après midi de TAP marseillais. Au cas où, on vous le rappelle car vous n’y êtes pas habitué si vous suivez l’activité Bricabracs qui se tamponne allègrement de ces TAP-TAP. Ce sont les fameux Temps d’Activités périscolaires organisés très judicieusement par la mairie avec la bénédiction de l’état. Au moins en bons camarades, ces deux là ont su trouver un rythme adapté à leur politique. Mais passons, et revenons à notre sésame orphelin de clef. Le mistral ayant déplacé la barrière, l’ouverture se faisait grande et tentante pour trois TAPeurs buissonniers qui de peur n’en avaient guère. Ils s’engouffrèrent dans la brèche pour atterrir au milieu des ouailles activées en plein Bric à Brac. Bien que la possibilité de rester parmi nous fut posée de façon fort civilisée de part et d’autres, c’était aller sans les règles générales des lieux. L’association gérante des va et vient dans l’ensemble de cet espace intervint, pensant bien faire, en rappelant à nos trois passe muraille qu’ils ne pouvaient être là dans ces conditions. De fil en aiguille, alors qu’ils étaient sur le départ, l’un d’eux trouva le prétexte de la perte d’une pièce de deux euros égarée dans notre meule de foin, afin de revenir occuper les lieux et, qui sait, s’installer.

Tout cela se fit tranquillement, dans un ballet de toute beauté, sans agressivité. Un spectacle éprouvant pour les zygomatiques.
Ca discute, ça repart, ça revient, ça tergiverse, jouant entre les positions de nos deux associations qui n’avaient jamais réfléchi à cela et n’avaient pas le temps là de se concerter. Chacun prenait alors un tas de précautions qui laissaient le champ libre de l’indécision à ces gentils filous. Splendide.
Au bout d’un moment de ronds de jambes, Bricabrac proposa donc une sortie à cette parade de séduction. La solution était de ne pas engager l’autre association et de pouvoir tenir la proposition faite. Vu leur avancée de l’après midi, on leur lança une invitation à venir le jeudi suivant entre 13h30 et 15h. A vous la balle les minots ! Je vous laisse dans les mains de l’autre association qui du coup commence à réfléchir à des propositions pour les jeudis.
Un peu plus tard au moment de partir, nous avions convenu avec les deux éducateurs de l’association de nous voir pour s’ajuster au sujet de ces jeunes. Et qui je retrouve là ? Nos trois compères embarqués par un des éducateurs dans un bricolage autour du compost. Réflexion émergente alors, leur association pourrait prendre le relais après 15h.
Voilà donc comment de clef en portail, de nouveaux agir émergent. Rappelez vous l’histoire de la fenêtre et de la mouche… ça ne vous dit rien ?
J’allais oublié. Une assistante sociale d’un gamin de l’espace éducatif m’a appelé. Elle trouve qu’il a bien changé depuis septembre le petiot. Il parle davantage, il est plus à l’aise, moins retenu pour s’exprimer en dessinant ou à l’oral en français qui n’est pas sa langue maternelle.
Ah ? bon. D’où cela peut il bien venir…


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