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Causeries

Les herbes folles

Juillet 2017
C’est fini… L’année scolaire se termine et avec elle mes 2 années de tournage à Bricabracs. Je ne reviendrai pas l’année prochaine !
J’aimerais tous vous remercier pour la confiance que vous m’avez accordée.
Dans cette école, nous parlons beaucoup de liberté et j’ai vraiment eu toute la liberté de filmer ce qui me semblait intéressant, juste, et aussi touchant.
Merci à vous les parents car ça n’est jamais facile de laisser son enfant être filmé et qui plus est beaucoup d’entre vous sont aussi passés devant la caméra !
Merci Erwan pour ta confiance et ta patience. Tu as joué le jeu du début à la fin, et tu as accepté que je filme tout, autant les moments de joie que les moments plus difficiles de conflit et de tension. Tu m’as donné carte blanche sans jamais me demander quoi que ce soit.
Merci à tous ceux qui ont été à l’écoute et m’ont prêté du matériel. Ils sont nombreux ! (Art up 13, Safar Expéditions, Hélène Poté, Les têtes de l’art etc.) Merci enfin aux enfants qui ont accepté que je rentre dans leur sphère intime du Je, de l’apprentissage.

En venant à Bricabracs, ma motivation était de de filmer cette école en création. J’étais extrêmement déçue de l’école publique et tout d’un coup, une école m’ouvrait ses portes pour que je puisse filmer et décrire à ma façon ce que pouvait être une autre école. En filmant à Bricabracs, je suis passé par pleins de questionnement sur le rôle de l’école et sur les questions d’apprentissage et du vivre ensemble. En filmant à Bricabracs, j’ai aimé retourner à l’école. J’ai aimé l’école. Je me suis un peu réconcilié avec elle, aussi. En filmant à Bricabracs, j’ai regardé les enfants expérimenter le concept de liberté mais aussi du fameux vivre ensemble. J’ai filmé les conflits, les pleurs, les rires. J’ai aimé filmer ces enfants qui cherchent leur équilibre, le trouvent parfois, tombent aussi,se cognent à l’autre et se relèvent.

Des scènes vont rester ancrées dans ma mémoire, même si elles ne seront peut-être pas dans le film. Comme Mirina qui tout d’un coup, à partir d’une recette de gâteau, se rends compte qu’elle sait lire. Comme Toto qui arrive tout d’un coup à compter avec les dés et se prend au jeu. C’est aussi Yaquin qui tente de faire une épée du haut de ces 4 ans et qui peine à aller jusqu’au bout. Il demande de l’aide, repart et revient pour finalement trouver les moyens d’arriver au bout, à sa manière. Et puis il y a Djahan qui fabrique une échelle avec Flora mais ne la laisse pas prendre la perceuse. Erwan insiste plusieurs fois pour qu’il lui transmette son savoir. Il faudra beaucoup d’effort à Djahan pour qu’il laisse faire Flora…

Tous ces enfants qui apprennent à leur rythme, en lien avec le collectif et sa dynamique ont tous un point commun : Ils expérimentent cette liberté de faire et d’être. L’adulte ne dirige plus mais accompagne. Les enfants n’attendent pas d’ordre mais acceptent de tester, de se tromper, de se faire mal et d’y arriver ! Et puis il y a tout ce « joyeux bordel » de Bricabracs. Le bricolage qui côtoie la peinture, les escargots dans la « cuisine », un peu de poussière par ci et par là. Un pot de peinture ouvert qui sèche. Un vide grenier qui envahit la « classe ». L’école n’est pas un lieu stérile. C’est un lieu de vie dans toute sa splendeur ! Tous les parents devraient pouvoir observer leurs enfants vivre ensemble dans un espace comme celui-ci. Il n’est pas idéal, loin de là, mais il est à l’image d’une société qui se cherche, se trompe, et tente de construire quelque chose de cohérent. Ce n’est pas une école idyllique sans conflit, ni remise en cause. Mais c’est aussi ce tâtonnement que je trouve intéressant. J’étais venue filmer Bricabracs avec plein d’idées préétablies sur l’école qui ont pour beaucoup été remises en cause et ont trouvé à être nourries aussi. L’école de la république a encore beaucoup de chemin à faire pour devenir l’école des enfants…

Maintenant, le temps du tournage est terminé. Ces images en boite, je vais m’atteler à leur construction. La réalisation d’un film à partir de 150 heures d’images ! Des images qui pourraient faire au moins 10 films différents. Des images que j’assemblerai pour nourrir mon axe premier : Quel est le rôle de l’école dans la construction d’une société et de ses citoyens ? Je resterai sur ce qui me paraît essentiel… La liberté de vivre et d’apprendre dans une micro société qu’est l’école. Alors le chemin est encore long et vous entendrez surement encore parler de moi ! Je vais lancer une campagne de crowdfunding pour septembre et trouver les moyens de me payer un peu ainsi qu’une monteuse et tout ce qui est nécessaire en post production pour aller au bout du projet. Quand ce film sera terminé j’espère qu’il contribuera à faire émerger de nouvelles façons de penser, de faire et de vivre l’école.

Bonne continuation à tous(tes)

Lucie


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