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	<title>Espaces Educatifs Bricabracs </title>
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	<description>des espaces pour une &#233;ducation active, port&#233;e par les principes de la&#239;cit&#233;, d'entraide, de coop&#233;ration, d'ouverture aux autres, individus et collectifs, dans une logique de solidarit&#233; et d'&#233;mancipation.</description>
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		<title>Espaces Educatifs Bricabracs </title>
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		<title>C'est classe !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sibylle</dc:creator>



		<description>Il faisait gris, froid et humide ce jour-l&#224;, et j'&#233;tais curieuse de voir fonctionner l'&#233;cole avec la contrainte m&#233;t&#233;o. Tout-e enseignant-e marseillais-e sait que les jours de pluie, c'est pas facile&#8230; Qu'est-ce que &#231;a pouvait donner dans une &#233;cole minuscule ? &lt;br /&gt;D&#233;j&#224;, on n'a pas les pieds qui fondent dans les bottes en caoutchouc, parce qu'on enl&#232;ve les chaussures en entrant. Un peu comme &#224; la maison. Les &#233;l&#232;ves arrivent au compte-goutte et vaquent &#224; leurs occupations, ignorant les &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article657' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faisait gris, froid et humide ce jour-l&#224;, et j'&#233;tais curieuse de voir fonctionner l'&#233;cole avec la contrainte m&#233;t&#233;o. Tout-e enseignant-e marseillais-e sait que les jours de pluie, c'est pas facile&#8230; Qu'est-ce que &#231;a pouvait donner dans une &#233;cole minuscule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, on n'a pas les pieds qui fondent dans les bottes en caoutchouc, parce qu'on enl&#232;ve les chaussures en entrant. Un peu comme &#224; la maison. Les &#233;l&#232;ves arrivent au compte-goutte et vaquent &#224; leurs occupations, ignorant les adultes qui les ont amen&#233;s et qui s'attardent autour d'un caf&#233; pour bavarder avec Erwan, avec Marie-Claude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les grand-e-s se regroupent dans la salle de classe o&#249; Erwan leur donne &#224; chacun-e le travail &#224; faire, &#224; continuer, &#224; terminer, des productions de textes, des dessins &#224; l&#233;gender&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je les laisse pour aller dans l'autre pi&#232;ce o&#249; dans le coin atelier un petit manie une scie &#233;go&#239;ne presque aussi grande que lui. J'essaie de prendre un air d&#233;contract&#233;, mais je sens mes sourcils se froncer. C'est quand-m&#234;me tr&#232;s dangereux, non ? Je d&#233;cide de r&#233;server mon jugement pour voir si le jeune artisan aura produit une merveille dans un petit moment et lis une histoire &#224; un petit groupe. Ensuite mon &#339;il est accroch&#233; par trois enfants assis autour d'une balance &#224; plateaux et d'un sachet de farine. A ma demande, la plus grande m'explique que c'est leur groupe qui pr&#233;pare le pain du jour. Je n'y crois pas trop, &#231;a papote, &#231;a s'&#233;parpille, la motivation n'a pas l'air &#224; son comble. N'emp&#234;che que j'en mangerai, de ce pain-l&#224;, &#224; l'heure du go&#251;ter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#231;a je pense qui m'a le plus emball&#233; dans cet espace bric-&#224;-bracs : on a le temps. Il n'y a pas le feu. On peut prendre son temps pour s'y mettre, on peut prendre tout le temps qu'il faut pour mener &#224; bien ce qu'on entreprend, on peut perdre du temps, le rattraper, ou pas. Et bien qu'Erwan soit bien le ma&#238;tre du temps, que la journ&#233;e est rythm&#233;e par des rituels, les enfants disposent d'une grande libert&#233; d'utiliser le temps dont ils et elles ont besoin et/ou envie, pour les t&#226;ches du quotidien, le travail scolaire, le jeu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas de vite-vite, d&#233;p&#234;chez-vous. . Il y a bien une horloge quelque part, mais elle ne la ram&#232;ne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwan travaille avec des petits groupes, tout en restant disponible en cas de besoin. Bricolages, dessins, productions de textes, &#233;criture aussi, graphisme pour des plus jeunes, num&#233;ration, calcul. Pareil qu'&#224; l'&#233;cole publique. Sauf que, j'y reviens encore, tellement &#231;a me para&#238;t &#234;tre le point divergent qui change tout, qui respecte le fameux rythme de l'enfant qui sert toutes les absurdit&#233;s qu'on a pu voir ces derniers temps &#224; Marseille dans les &#233;coles publiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Ici donc, on a tout le temps qu'on veut. Et &#231;a permet d'y aller &#224; son rythme, &#224; sa fa&#231;on. Et du coup on n' a pas peur de ne pas finir &#224; temps, ou apr&#232;s les autres. On peut recommencer aussi. Autant de fois qu'il le faudra. Puis une autre fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et on peut choisir ce qu'on fait. Pas tout le temps. Mais pas mal de fois quand-m&#234;me !&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut sortir, on peut s'&#233;battre, se d&#233;fouler, se changer les id&#233;es avant de s'y remettre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici on ne pense pas que l'enfant fonctionne comme un petit ordinateur qu'on peut gaver de donn&#233;es par tranches de quarante-cinq minutes. Ici on sait que des fois, &#231;a prendra quelques instants, d'autres quelques semaines, mais qu'au final, &#231;a se fera. Faire confiance aux enfants. Savoir qu'&#233;tant tous diff&#233;rents, ils et elles apprendront chacun-e &#224; son rythme, en son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sibylle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Il n'y a pas eu de bless&#233;-e-s avec la scie &#233;go&#239;ne en un an et demi. J'aurais pu ne pas f&#233;miniser cette phrase, les filles ne fr&#233;quentant quasi pas cet atelier. Erwan, fais quelque chose !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Faire le plein, d&#233;lier</title>
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		<dc:date>2016-12-01T07:52:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>JulienM</dc:creator>



		<description>Faire le plein, d&#233;lier &lt;br /&gt;Essayer la chronique &#224; cause de la surprise, pour comprendre, pour rappeler, pour dire. La surprise, la lumi&#232;re trop forte qu'on attendait pas quand on pousse la porte, l'aveuglement quelques moments devant l'impr&#233;vu qui fait mettre la main en visi&#232;re pour un peu d'ombre &#224; soi. &lt;br /&gt;L'&#233;cole commence mal, elle commence par faire mal, elle commence par me faire un n&#339;ud dans le ventre en septembre. L'&#233;cole de la r&#233;publique o&#249; il faut rentrer ; ce n'est pas moi qui &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article313' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire le plein, d&#233;lier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Essayer la chronique &#224; cause de la surprise, pour comprendre, pour rappeler, pour dire. La surprise, la lumi&#232;re trop forte qu'on attendait pas quand on pousse la porte, l'aveuglement quelques moments devant l'impr&#233;vu qui fait mettre la main en visi&#232;re pour un peu d'ombre &#224; soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole commence mal, elle commence par faire mal, elle commence par me faire un n&#339;ud dans le ventre en septembre. L'&#233;cole de la r&#233;publique o&#249; il faut rentrer ; ce n'est pas moi qui rentre, j'ai le cuir plus solide que celui de nos cartables des ann&#233;es 80, j'en ai fait tellement que je ne sentirais plus, si je devais rentrer, les coups des punaises avec qui je partage les rangs, les rang&#233;es, les cours. Moi j'ai la peau bien &#233;paisse de ceux qui ont ras&#233; les murs &#224; l'heure des repas, des rodeurs de biblioth&#232;ques ferm&#233;es, des arpenteurs d'escaliers de secours. Et la t&#234;te dure, carr&#233;e des premiers de la classe. Je suis caboss&#233; et pour &#231;a je ne redoute plus d'embouteillage. Mes pare-chocs sont plus hauts que moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le n&#339;ud, dans moi, pour l'instant que je ne m'expliquerais jamais de l'avoir laiss&#233;e, avec son minuscule corps &#224; elle jet&#233; dans la grande salle blanche, d&#233;j&#224; la premi&#232;re minute contraint assis sans raison donn&#233;e. Sept autres petits en cercle pour cette table-l&#224;, et l'autre et encore l'autre table, qui regardent partout sans savoir m&#234;me o&#249; poser les yeux ; tout pourrait &#234;tre immense, promesse, possible, mais tout devient tr&#232;s vite inaccessible, d&#233;limit&#233;, confin&#233;. Et le regard qui cherche dit l'espoir. Triste, l'espoir tromp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour, tu fais ce qu'on te dit de faire. Parfois amusant, parfois tu en es fi&#232;re ; c'est l'exception. Tu empiles des photocopies noir et blanc que tu viens colorer en suivant les instructions : tu remplis donc des cases pr&#233;vues &#224; cet effet avec des gestes machinaux et des feutres. Tu d&#233;coupes suivant les pointill&#233;s. Tu colles. Tu recommences. Couper. Entoure l'intrus de la s&#233;rie. Trace 6 fois la lettre A. Recommence. Et ne parle pas pendant l'histoire sinon tu seras punie. Toute chose est un morceau est une partie est une t&#226;che. Toute chose est un moment de l'ob&#233;ir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu l&#232;ves parfois la main pendant le repas pour dire quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi est-ce que tu fais tout &#231;a ? tu remplis. Ta mission, probablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, je le sais maintenant, si tu rentres toute raide c'est d'inqui&#233;tude et de doute. Tu ne te l&#232;ves pas ; ou tu te l&#232;ves, mais tu ne veux pas ; ou tu y vas, &#224; reculons, en retard, et sur le chemin tu me supplies de ne pas y rester toute la journ&#233;e, juste aujourd'hui, s'il-te-plait juste aujourd'hui, promis jur&#233;. Certains matins le conflit est ridicule. On aurait honte s'il en restait une trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc : tu as appris &#224; promettre pour &#233;viter d'y aller. Tu transiges et tu mens. A quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'&#233;t&#233;, &#224; la campagne : table carr&#233;e basse, tu t'assois avec trois autres enfants. Vous avez jou&#233; de toute &#233;vidence depuis le petit matin&#8212;vous avez jou&#233; aux &#233;vidences. En attendant qu'on te serve, je te vois joindre les mains dans le dos, derri&#232;re le dossier de ta chaise, et dire aux autres de faire de m&#234;me. Tu es un peu cambr&#233;e, comme si tu tirais dessus, sur tes mains jointes pour relever le menton. Pourquoi est-ce que tu fais tout &#231;a ? C'est quoi, au juste, cette pri&#232;re dans ton dos, tordue. C'est oblig&#233;, &#224; la cantine, tant qu'on est pas servis. Tu tires vers l'arri&#232;re comme ceux qu'on a menott&#233;s. Petites menottes, violence statique des gestes inculqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#339;ud d'encore juste &#224; c&#244;t&#233; de l'estomac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre. Il fait encore soleil d'aveuglement quand on rentre en bateau. Tu sens encore le sel quand je t'emm&#232;ne aux Baumillons. Je ne suis pas inquiet, on essaie quelque chose, on a pos&#233; un acte. On va voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re semaine d&#233;j&#224; c'est le retour en gr&#226;ce. A peine jet&#233;es les chaussures, d&#233;sinvolte pour virevolter : elle danse plus qu'elle ne marche, elle sautille plus qu'elle n'avance. De l'assurance sous ses pieds d'Herm&#232;s minuscule (le Trism&#233;giste, donc, avec des ailes) : elle trace un carr&#233; de soi qui fait un p&#233;rim&#232;tre l&#233;ger, elle s'envole avec les mots. On se regarde en parents d&#233;pareill&#233;s et on la regarde, &#233;vad&#233;s, mi-fugue mi-raison. Quelque chose demeure du pied alerte dans les montagnes corses quand on respirait le myrte et mes souvenirs, les ch&#226;taignes et les pierres plates qu'on jette dans les rivi&#232;res pour voir la forme des ronds : quelque chose de la fantaisie aquatique quand on dansait dans les vasques rendues immobiles apr&#232;s la derni&#232;re pluie de printemps. Et en m&#234;me temps cette t&#234;te tellement chercheuse qui lance des questions depuis son pas de tir. Elle met tout en orbite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose qui tombe il faut l'appeler corset, de ces prisons portatives qu'on s'infligeait &#8212; jadis ? &#8212; ces moules &#224; boudiner les corps qui se font avec les mots, avec les chaises, avec les portes les r&#232;gles les ordres les craintes et les cris. Avec les cases, les consignes et les &#233;tiquettes. D&#233;corset&#233;, Des-corses-t'es, plusieurs membres bien attach&#233;s ensemble se coordonnent, retrouvent, pr&#233;servent leur raison d'&#234;tre. Une fois n'est pas coutume, on dit tiens on s'&#233;tonne, et &#231;a persiste et &#231;a revient. L'exception cesse d'&#234;tre exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans ce corps maintenant je dirais, comme dans les pancakes, un peu de poudre &#224; lever (&#224; mal et lever, s'il le faut) qui fait rentrer de l'air courant. Les bulles, du son coinc&#233; dans la p&#226;te qui prend. Tiens, pour les ingr&#233;dients &#231;a se fait avec rien, avec des ongles un peu longs un peu noirs un peu cass&#233;s, avec l'ombre de la croix de Dieu qu'on attendait pas ici, avec le regard du ma&#238;tre qu'on n'attendait pas non plus (mais c'est avec lui qu'on mesure depuis la r&#233;volution, le maitre, non ? c'est l'&#233;talon, autrement dit un cheval fou), avec de la terre de l'eau des p&#233;tales des insectes des feuilles, avec des autres qui regardent aussi qui grattent et repassent apr&#232;s toi. Avec un cheval qui piaffe derri&#232;re le grillage. Un cheval qui marche, un autre nom pour l'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu vas humer et inhumer ; salir et ranger, &#233;couter et dormir ; tu vas faire et refaire le plein de d&#233;li&#233;s. Trace l'F, l'I , la paire d'elles, l'E, sans le lever le stylo : suis la ligne de gauche &#224; droite et reprend, pour raconter. Un jour apr&#232;s l'autre une petite saga de l'enfant perdue, tour &#224; tour avec m&#232;re avec p&#232;re avec cabane. Je ne peux rien dire du r&#233;cit, mais je vois que &#231;a se narre. Tout ce qui est &#224; dire t'exc&#232;de sans t'agacer, tout ce qui se raconte fait histoire. Chaque journ&#233;e, une t&#226;che d'huile dans le temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Retour en force, le soir. D'&#234;tre avec d'autres &#234;tres sollicite des muscles impr&#233;cis et impr&#233;vus, des muscles qui se tendent pour faire des pyramides des songes des col&#232;res, des muscles de balan&#231;euses de pav&#233; et d'&#233;crivaines de manifestes, des quadriceps de groupe. Comment circule le message dans vos nuages d'ensemble ? de l'&#233;lectricit&#233; ou de l'aimant&#233;, du d&#233;sirable et de l'ind&#233;sir&#233;. Petit &#224; petit &#231;a fermente et &#231;a illumine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois l'exp&#233;rience ne marche pas. Parfois pas une bulle, pas une &#233;cume qui monte au goulot. Tant mieux, c'est frustrant et &#231;a fait r&#233;fl&#233;chir, &#231;a fait d&#233;sirer. Je n'y suis pas et toi peut-&#234;tre &#224; la p&#233;riph&#233;rie de ce qui ne marche pas, tu attrapes des mots : des libellules ou des aludes &#8212; on voit la colline de Pagnol de l&#224; o&#249; tu es. D&#233;j&#224; tu fais &#231;a au petit-d&#233;jeuner avec la radio et la croissance fran&#231;aise ; tu me demandes quoi c'est, et j'ai pas de bonne r&#233;ponse moi non plus : disons que c'est une brioche g&#233;ante qui n'existe pas ou qui n'existera que quand on l'aura mise au four et boulott&#233;e calcin&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toi aux beaux millons, tu attrapes Mentos, juste le mot que tu n'as jamais go&#251;t&#233;, au moment o&#249; il tombe dans Coca, &#231;a fait quoi comme bruit et comme bulle, un mot qui tombe dans un autre, que tu ne connais pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas &#231;a devrait faire des gerbes jusqu'au ciel : des volcans, du panache.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>il y a un cauchemar dans mon placard !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesca</dc:creator>



		<description>C'est le deuxi&#232;me lundi que je vais &#224; Bricabracs pour aider l'&#233;quipe de petits jeunes et de petits vieux &#224; faire leur journal... comme la derni&#232;re fois &#224; 13h30 tous les enfants se r&#233;unissent pour discuter des activit&#233;s de l'apr&#232;s-midi...qui doit terminer de projets individuels (&#233;crire un texte, ou construire un kart...peu importe !), qui descendra au jardin pour planter, qui fera partie de la r&#233;daction du jour... la journ&#233;e avance...&#231;a bouillons de partout... il y en a qui essayent de &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article306' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le deuxi&#232;me lundi que je vais &#224; Bricabracs pour aider l'&#233;quipe de petits jeunes et de petits vieux &#224; faire leur journal...&lt;br class='autobr' /&gt;
comme la derni&#232;re fois &#224; 13h30 tous les enfants se r&#233;unissent pour discuter des activit&#233;s de l'apr&#232;s-midi...qui doit terminer de projets individuels (&#233;crire un texte, ou construire un kart...peu importe !), qui descendra au jardin pour planter, qui fera partie de la r&#233;daction du jour...&lt;br class='autobr' /&gt;
la journ&#233;e avance...&#231;a bouillons de partout...&lt;br class='autobr' /&gt;
il y en a qui essayent de se cacher derri&#232;re un buisson pour s'&#233;chapper au ma&#238;tre (et &#224; la dure &#233;preuve de l'attach&#233; !) et qui reviennent vers les autres avec un &#339;uf d'une b&#234;te myst&#233;rieuse...il y en a qui consultent des livres avec une d&#233;termination de chercheurs universitaires...il y en a qui jouent aux dragons...il y en a qui bricolent...il y en a qui reposent...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; 15h30 , comme d'habitude (je pense mais je n'en suis pas sure....) ils se retrouvent tous, cette fois-ci dans la salle des livres... dehors la pluie tombe de plus en plus fort...&lt;br class='autobr' /&gt;
aujourd'hui Erwan prends un livre et commence &#224; lire...&#171; il y a un cauchemar dans mon placard &#187;... &lt;br class='autobr' /&gt;
chacun trouve sa place sur les matelas...un de plus petit n'est pas encore revenu de sa sieste...&lt;br class='autobr' /&gt;
ceux qui en ont envie commentent les pages du livre fur &#224; mesure...et une fois l'histoire finie, un petit l&#232;ve la main et commence &#224; raconter aux autres de celle nuit dans laquelle il a &#233;t&#233; r&#233;veille par un cauchemar duquel il ne se souvenait pas mais qui lui avait donn&#233; envie de courir se cacher sous les draps de maman...et voil&#224; la pluie dehors, la pluie dedans...un pluie d'histoires de cauchemars...r&#233;elles ou imaginaires...bien sur le th&#232;me est riche, vaste, d&#233;licat... mais Erwan arrive &#224; garder le fil de cette discussion qui pourrait vite partir loin...et &#224; les accompagner en leur donnant une pleine libert&#233; de s'exprimer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous prennent partie &#224; la discussion, chacun &#224; sa mani&#232;re, les plus petits avec leurs mots, les italiens avec leurs n&#233;ologismes, le grands avec leurs d&#233;tails, certains que avec leur oreilles bien ouvertes, simplement &#224; l'&#233;coute, et un en pratiquant le sujet de la discussion...avec ses ronflements...libre lui aussi (de continuer &#224; r&#234;ver...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pendant que j'&#233;coutais ces histoires, que je suivais cette discussion en observant les regards sur les visages des enfants j'ai su, sans aucun doute, que &#231;a c'est faire &#233;cole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De suite une bulle de rage est n&#233;e dans mon ventre en me souvenant que non...malheureusement&#8230;l'Ecole est bien autre chose ..... et elle ressemble beaucoup plus souvent &#224;... un vrai cauchemar !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Afficher</title>
		<link>http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article304</link>
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		<dc:date>2016-11-17T21:17:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>JulienM</dc:creator>



		<description>[sur la proposition d'affiche pour la soir&#233;e Bric&#224;Bracs] &lt;br /&gt;Quelle horrible affiche. Elle a les cheveux en bataille, elle d&#233;borde de couleurs, rien n'est droit, rien n'est disciplin&#233;. Un brouillon fait &#224; toute h&#226;te par des enfants sauvages. &lt;br /&gt;Regarde : mal coup&#233;, vite coll&#233; : &#231;a dit quoi sinon un bouillonnement ? &#199;a d&#233;borde ? On dirait Bricabracs &#224; 16.17, un lundi, au moment o&#249; le pain aurait d&#233;j&#224; du sortir du four, o&#249; les visages attendent un peu faim-un peu fatigue, beaucoup du &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article304' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_368 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/IMG/pdf/affiche_2_soiree_021216.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.vieasso.bricabracs.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783528316' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Affiche soir&#233;e soutien vendredi 2 d&#233;cembre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;[sur la proposition d'affiche pour la soir&#233;e Bric&#224;Bracs]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle horrible affiche. Elle a les cheveux en bataille, elle d&#233;borde de couleurs, rien n'est droit, rien n'est disciplin&#233;. Un brouillon fait &#224; toute h&#226;te par des enfants sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarde : mal coup&#233;, vite coll&#233; : &#231;a dit quoi sinon un bouillonnement ? &#199;a d&#233;borde ? &lt;br class='autobr' /&gt;
On dirait Bricabracs &#224; 16.17, un lundi, au moment o&#249; le pain aurait d&#233;j&#224; du sortir du four, o&#249; les visages attendent un peu faim-un peu fatigue, beaucoup du reste. On dirait 16.18, deux pots de confiture et le maitre qui joue du couteau. Ceux qui n'en veulent pas et ceux qui en veulent, qui en reprennent ou qui font offrande aux fourmis. &#192; 16.23 le malstrom est reparti en ribambelle, &#231;a diss&#233;mine et &#231;a farfouille. Regarde bien : pas un/pas une qui s'impatiente de d&#233;camper. Dites, les sales gosses, c'est &#231;a s'approprier : ne pas vouloir lever le camp ? Alors &#231;a vous appartient les espaces ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre l'air, ce serait passer de bouillonner &#224; brouillonner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc : parfaite, l'affiche, aussi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/IMG/jpg/affiche_2_dec_2016-1-r270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.vieasso.bricabracs.org/local/cache-vignettes/L500xH708/affiche_2_dec_2016-1-r270-bc0c0.jpg?1687915150' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et pourquoi ? </title>
		<link>http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article310</link>
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		<dc:date>2016-11-17T18:33:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>erwan</dc:creator>



		<description>La phase de construction des habitudes de travail est pass&#233;e, en particulier pour les plus &#226;g&#233;s, les &#171; petits vieux &#187;. Chacun sait ce qu'il a &#224; faire, avec quels outils, et o&#249; se trouvent ces outils (plan de travail, fiche d'exercice, feuilles, etc.). Une nouvelle phase voit le jour. Celle o&#249; l'on se d&#233;p&#234;che d'&#233;vacuer le boulot obligatoire, pour aller jouer. Celle o&#249; il faut les rattraper pour requestionner ce &#171; j'ai fini &#187;. Revenir sur le labeur pour affiner, pr&#233;ciser, valoriser &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article310' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La phase de construction des habitudes de travail est pass&#233;e, en particulier pour les plus &#226;g&#233;s, les &#171; petits vieux &#187;. Chacun sait ce qu'il a &#224; faire, avec quels outils, et o&#249; se trouvent ces outils (plan de travail, fiche d'exercice, feuilles, etc.). Une nouvelle phase voit le jour. Celle o&#249; l'on se d&#233;p&#234;che d'&#233;vacuer le boulot obligatoire, pour aller jouer. Celle o&#249; il faut les rattraper pour requestionner ce &#171; j'ai fini &#187;. Revenir sur le labeur pour affiner, pr&#233;ciser, valoriser leur d&#233;marche, obliger &#224; tenir l'effort, encourager, se f&#226;cher, c'est selon. On construit peu &#224; peu le questionnement du savoir pour le sortir de son emplacement scolaire dans lequel il est plac&#233; par les enfants en raison d'un grand soutien des adultes (parents, &#233;ducateurs, attente sociale etc.) en attente de r&#233;sultats &#8230; Valoriser le &#171; t&#226;tonnement exp&#233;rimental &#187; plus que le r&#233;sultat, valoriser les essais, les brouillons, plus que les lanc&#233;s francs sans r&#233;flexion qu'ils envoient, comme un morceau &#224; ronger, &#224; cet adulte &#233;ducateur en attente de la chose &#224; montrer comme &#233;valuable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes exactement dans la phase ou &#171; &#224; trop se pencher sur eux on prend le risque d'un coup de pied &#224; l'arri&#232;re train &#187; comme disait Deligny en substance. Et soyez en sur ils sauront nous l'ajuster avec soin, ces gentils enfants. On est dans la r&#233;currence perp&#233;tuelle du test de la confiance et de la construction/ d&#233;construction de celle ci. Ceux que certainEs pensaient sans difficult&#233; ne s'av&#232;rent pas si sereins, car tout est r&#233;interrog&#233;. Ce qu'ils montraient savoir faire ne l'&#233;tait que dans la r&#233;p&#233;tition de type m&#233;canique, robotique, et non dans une connaissance du fonctionnement. Certes tout ce qui sera utilis&#233; ne sera pas parfaitement compris. Mais engager d&#232;s maintenant le processus de questionnement est important. L'&#233;ducateur resterait alors un grand enfant qui passerait son temps &#224; dire &#171; et pourquoi ? &#187; aux enfants qui l'auraient perdu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bout d'autonomie gagn&#233; du cot&#233; des &#171; petits vieux &#187;, lib&#232;re des possibilit&#233;s de regroupement des &#171; petits jeunes &#187; avec l'&#233;ducateur. Cela correspond aussi &#224; un temps pass&#233; depuis septembre o&#249; ils ont globalement pris leurs rep&#232;res dans les espaces Bricabracs et leur environnement humain. Ils savent avec qui ils se sentent bien, ou moins bien, les activit&#233;s qu'ils appr&#233;cient plus que d'autres, et vers lesquelles ils vont ou ne vont pas. Les interdits, les tests possibles, les zones inexplor&#233;es et encore floues pour tout le monde. Le multiage global peut alors de temps en temps se scinder en deux multiages 4-6 et 7-11 par exemple. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi en ce moment, cette ann&#233;e, que je rebats les cartes de choix d'organisation. La r&#233;union du matin n'a plus lieu &#224; 9h avec tout le monde. En effet elle coupe d&#233;sormais l'activit&#233; des &#171; petits vieux &#187; qui se sont lanc&#233;s dans leurs travaux. Alors qu'auparavant elle permettait de structurer le d&#233;part des activit&#233;s de travail de ces m&#234;mes enfants qui ne se mettaient pas &#224; leurs taches obligatoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis aussi en train de d'allonger le temps d'activit&#233; du matin. On approche de plus en plus d'une dur&#233;e qui correspond au rythme recommand&#233; par CertainEs chrono-biologistes&#8230; sans que cela ne pose de probl&#232;me car cela est d&#251; &#224; l'&#233;volution de des actions. Si ils d&#233;marrent plus t&#244;t, ils font &#171; pose &#187; plus t&#244;t dans la matin&#233;e et se relancent plus tard&#8230; de 11h30, l'an dernier, on &#233;tait pass&#233; &#224; 12h cette ann&#233;e et on glisse vers 12h30, pour l'heure du repas. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cueil possible et qui se produit en ce moment : la perte du temps de rassemblement collectif. La vigilance est de mise de ce cot&#233; l&#224;. Il faut inventer une nouvelle mani&#232;re de s'inscrire pour des pr&#233;sentations afin que ce temps de &#171; r&#233;unir &#187; qui semble s'installer &#224; 12h y soit directement consacr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;volutions correspondent aux choix de construction/ d&#233;construction li&#233;s au mouvement &#233;ducatif choisi. Il d&#233;pend &#224; la fois de l'al&#233;atoire du rhizome, de la rigueur du travail pour (se) (re)questionner, de la production (objet, texte, exercice&#8230;) et du respect de son milieu (nature et humain). Un chose est sur, on (r&#233;)ajustera encore r&#233;guli&#232;rement notre agir tout en poursuivant le m&#234;me objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwan / educateur-enseignant coordinateur des Espaces &#233;ducatifs Bricabracs&lt;br class='autobr' /&gt;
17 novembre 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quartier d'hiver</title>
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		<dc:date>2016-11-02T18:35:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>erwan</dc:creator>



		<description>Quartier d'hiver &lt;br /&gt;Prenez un panier. Mettez y crayons, papiers, ciseaux, scotch, tailles crayons, gommes... Installez vous ici ou l&#224;, votre intention restera la m&#234;me. Prenez une nappe, un tapis, une table, une gazini&#232;re&#8230; o&#249; que vous les d&#233;posiez vous y emporterez le m&#234;me soup&#231;on de poudre &#224; malice. Celle que vous aurez voulu y glisser. Vous pourrez vouloir y mettre les &#233;l&#233;ments pr&#233;programm&#233;s de ce qui va se passer ensuite. Cela peut &#234;tre int&#233;ressant dans certaines situations. Vous &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article311' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quartier d'hiver&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez un panier. Mettez y crayons, papiers, ciseaux, scotch, tailles crayons, gommes...&lt;br class='autobr' /&gt;
Installez vous ici ou l&#224;, votre intention restera la m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenez une nappe, un tapis, une table, une gazini&#232;re&#8230; o&#249; que vous les d&#233;posiez vous y emporterez le m&#234;me soup&#231;on de poudre &#224; malice. Celle que vous aurez voulu y glisser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pourrez vouloir y mettre les &#233;l&#233;ments pr&#233;programm&#233;s de ce qui va se passer ensuite. Cela peut &#234;tre int&#233;ressant dans certaines situations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pourrez vouloir les d&#233;poser et puis attendre qu'il se passe quelque chose ou rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pourrez vouloir les indisposer, les d&#233;placer, les ajuster, les mettre en sc&#232;ne pour d&#233;clencher le pouvoir d'un agir incertain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans tous les cas, vous aurez choisi un dispositif. Vous vous serez situ&#233; par rapport &#224; l'espace, au milieu, au lieu, au temps qui d&#233;roule et qu'il fait, &#224; votre &#233;tat d'erre du jour, &#224; ce que vous pensez supporter, tenir, l&#226;cher, perdre&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Claque. L'enfant vient de se prendre une claque &#8211; t&#234;te, fesse, joue. Ce n'est pr&#233;vu nulle part. C'est interdit m&#234;me. La d&#233;sob&#233;issance civique au service de la remise sur pied, terre &#224; terre. Peut on rediscuter maintenant que la l&#233;vitation destructrice est bris&#233;e et contenue. Insupportable empoignade au m&#234;me titre que l'urgentiste qui laisse crever un individu apr&#232;s avoir analys&#233; la situation et d&#233;clarer que tenter de le secourir c'&#233;tait, dans cette situation, &#224; cet instant, prendre un trop gros risque d'en perdre deux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous observons, nous analysons et nous choisissons. Mais tout comme l'urgentiste il nous faut souvent d&#233;cider dans un instant court. Tel gamin balance des cailloux contre le mur, en bas, puis plus haut, puis pr&#232;s d'une fen&#234;tre, il y a des passants, d'autres enfants. Stop, arr&#234;te toi, stop, mais&#8230; stoppons la parole, saisissons le bras et exp&#233;dions l'ing&#233;nu. Nous serons blam&#233;s car on ne touche pas l'enfant. On le laisse d&#233;truire, se d&#233;truire et on discute encore, encore, encore, en corps, &lt;br class='autobr' /&gt;
Non...enfin, oui, &#8230; mais non, pas toujours, pas pour touTEs, pas partout, pas pour tout ni sur tout, ni de tout &#224; tout prix &#8230; Parfois brandir la non violence comme sauf conduit vers l'au dela est un acte d'insalubrit&#233; collective. Crier le contraire l'est tout autant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit de jauger l'int&#233;r&#234;t du moment sans exclure les possibilit&#233;s. Il s'agit de garder &#224; l'esprit qu'on ne cherche pas &#224; avilir, qu'on ne cherche pas &#224; casser, &#224; faire plier, &#224; &#234;tre injuste, mais &#224; prot&#233;ger un espace, une personne, un collectif parfois fragile. Stopper net pour pouvoir red&#233;marrer sous un autre climat plus apais&#233;, quand nous n'avons su ou pu pr&#233;venir l'h&#233;morragie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos espaces sont construits pour cela, pr&#233;venir. Ceux que j'ai pu voir en activit&#233; de plein air entre des barres d'immeubles ressemblent comme deux gouttes d'eau &#224; ceux que nous mettons en place dans notre espace de p&#233;dagogie sociale version &#233;cole du 3&#232;me type. &lt;br class='autobr' /&gt;
Reprenez votre panier, votre valise et comme &#224; chaque march&#233; d&#233;ballez et installez m&#233;thodiquement votre marchandise. Pr&#233;parez la mise en sc&#232;ne. Geste r&#233;p&#233;t&#233;, pr&#233;cis, chaque personne &#224; sa place,&#8230; Les m&#234;mes habitu&#233;s viennent humer, s'installer, suivant les chemins du bonhommes qui n'y est pas. Tissant leur toile d'arachn&#233;en, ils parcourent des rituels qui nous paressent repr&#233;senter l'incertitude. Or ils retrouvent les m&#234;mes ateliers d'activit&#233;, les m&#234;mes repr&#233;sentations spatiales, la m&#234;me dur&#233;e de pr&#233;sence. Ils s'approprient aussi ces espaces quand on n'y est pas, nous, &#233;ducateur. D'ailleurs si nous sommes trop l&#224; ou trop au del&#224;, ils se perdent. C'est ainsi que notre pain quotidien se p&#233;trie sans que j'y mette un pouce. A chaque groupe de boulanger, c'est une nouvelle transformation qui s'op&#232;re. Une r&#233;appropriation du fournil, de la recette, de la forme etc. Il faut accepter de g&#226;cher comme le ma&#231;on, et d'en perdre aussi les 600g de belle p&#226;te qui malencontreusement ont chu au sol &#224; dernier instant de l'enfournement. Reprendre le labeur, y retourner, reprendre la tache n&#233;cessaire pour se nourrir le corps et l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme en dessous de l'immeuble, on vient aussi installer des ateliers d'ext&#233;rieur pendant une dur&#233;e d&#233;finie. On vient passer du temps dans l'espace du 3&#232;me type-Freinet, aussi pour un temps fini, d&#233;limit&#233;. On peut changer d'atelier, on veut venir go&#251;ter et cr&#233;er en diff&#233;rents domaines. On peut les croiser, les m&#233;langer, en sortir quelque chose d'impr&#233;visible. On peut retrouver notre m&#233;moire collective en r&#233;utilisant des choses laiss&#233;es sur place bien que leur naissance ne soit plus de toute premi&#232;re jeunesse. Cela parce que entre les barres d'immeuble ou dans la cour ou dans le lieu de vie collectif rep&#233;r&#233;, on peut se repr&#233;senter, se d&#233;clarer, se critiquer et se ressourcer lorsque l'agora est convoqu&#233;e pour la causerie. Au fil des r&#233;p&#233;titions on devient r&#233;ceptif &#224; du commun rep&#233;rable : des espaces, des d&#233;placements, des emplacements, des droits &#224; agir et des limitations, des ordres et des d&#233;sordres en va et vient s'&#233;quilibrant et se nourrissant, des odeurs et des attitudes humaines. La dimension spatio temporelle reconnue comme commune permettra de d&#233;livrer la cr&#233;ation qui reste impr&#233;visible. Elle permettra de r&#233;v&#233;ler des moments o&#249; l'on sent la connaissance se d&#233;couvrir en nous, et s'afficher aux yeux des personnes pr&#233;sentes. Elle permettra de passer d'un espace &#224; un environnement humain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pourrons alors d&#233;placer nos espaces d'un lieu &#224; un autre, notre environnement restera reli&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous venons de changer de mur. De quatre mur, nous sommes pass&#233;s &#224; 12 murs. Mais l'espace &#171; murmures &#187; est rest&#233; pr&#233;sent, ainsi que les espaces jeux, cuisine, bricolage, peinture &#8230; nous avons d&#233;plac&#233; nos espaces, nous avons pouss&#233; les murs mais nous en avons conserv&#233; le fond d'agir commun. Pour les anciens la continuit&#233; de cr&#233;ation se poursuit dans les environnements rep&#233;r&#233;s : L'art du multiage en action dans le temps long. Pour les nouveaux, ils d&#233;couvrent et s'essayent &#224; ces nouveaux usages. Certains sont encore fig&#233;s comme le petit oiseau &#224; qui l'on ouvre la porte mais qui revient dans la cage. D'autres ont saisi la marge de libert&#233; que cr&#233;e cette organisation ordonn&#233;e pour y laisser le d&#233;sordre de la diversit&#233; de d&#233;placement et d'agir se d&#233;velopper. Rigueur et souplesse de r&#233;ajustement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un castelet cr&#233;&#233; l'an dernier nous avait suivi dans nos bagages. Visible mais non accessible, rang&#233; en hauteur, il aura fallu attendre 6 semaines et la pr&#233;sentation d'un dessin/ collage figurant un th&#233;atre de marionnette pour que la m&#233;moire se rappelle de l'existence des marionnettes. Les anciens entra&#238;nent alors les nouveaux ignorant l'existence de ces objets et de ses possibles. Un plus grand, timide, en situation familiale complexe, se laisse lui aussi aller dans ce chamboule tout de p&#233;dagogie sociale et une s&#233;ance d'improvisation succulente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais o&#249; se sont ils install&#233;s ? Dans l'espace de la r&#233;union, de l'agora, des pr&#233;sentations mais aussi des livres, des films, du tapis et du canap&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est ce que cela a chang&#233; ? Le castelet n'est pas remont&#233; et les marionnettes sont rest&#233;es sorties. Les plus jeunes ont pu s'instruire d'une pratique et s'entrainent d&#233;j&#224; &#224; se l'approprier. Pas touTEs. Ceux les plus inspir&#233;s par ce domaine. Mais peu importe, c'est bien de cela qu'il faut cr&#233;er : des lignes d'erre rhizomique. Dans leurs n&#339;uds et sur leurs traces s'effectue le chemin de l'apprentissage (connaissance, socialisation, etc.) &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voil&#224; l'automne qui approche. M&#234;me &#224; Marseille, bien que cl&#233;mente, la temp&#233;rature baisse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les repas ext&#233;rieurs deviennent un peu frais sous les arbres pare soleil. La critique de la r&#233;alit&#233; saisonni&#232;re commence &#224; pointer son nez. On a froid&#8230; j'suis gel&#233;&#8230; va chercher ton manteau, oui mais j'ai encore froid&#8230; D&#233;cision est prise, nous installons notre espace table dans un autre espace d'accueil mieux expos&#233; aux rayons de l'&#233;toile. Ce d&#233;placement ne modifie pas l'environnement qui s'&#233;tait cr&#233;&#233;. Chaque &#233;l&#233;ment conserve son usage rep&#233;r&#233; par le commun : bassine, verres, boite &#224; couverts, groupe de service, adulte de service, boite &#224; savon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre point d'eau est vite trouv&#233; et le m&#234;me rituel collectif se r&#233;installe. Le changement le plus important est du cot&#233; de l'&#233;ducateur qui est moins oblig&#233; de se d&#233;p&#234;cher de manger car ce nouvel espace donne un bon visuel de la globalit&#233; des autres espaces et une proximit&#233; sonore et/ ou spatiale de ceux qui restent invisibles. Cette proximit&#233; des lieux d'activit&#233; rapproche aussi le groupe. Ceux qui mangent plus lentement sont malgr&#233; tout situ&#233;s au milieu des activit&#233;s qui red&#233;marrent et non &#224; l'&#233;cart. La mise en sc&#232;ne joue donc un r&#244;le important. Il n'y a que 5 ou 6 m&#232;tres entre les deux espaces. Cela ne change pas le d&#233;roul&#233;, les rituels du repas, mais cela apporte des nouveaut&#233;s int&#233;ressantes par rapport &#224; ce que nous voyons, par rapport &#224; ce que nous montrons car nous sommes alors davantage sur le chemin des jardiniers et en vue des acteurs des autres associations pr&#233;sentes. L'hypoth&#232;se d'un &#233;largissement de notre commun devient possible. Partager le repas avec d'autres passant par exemple. Et si il n'arrive pas de lui m&#234;me, une petite mise en sc&#232;ne, une provocation du destin, sera envisageable. Laissez du temps d'impr&#233;gnation aux humains et prendre en compte le tempo des saisons. Trouvez le bon ajustement car nous n'avons que quelques mois pour savourer l'effet d'attirance de notre nouvel emplacement. Ensuite il nous faudra retourner dans l'ombre en esp&#233;rant y entra&#238;ner les oiseaux capt&#233;s au cours de notre s&#233;jour en quartier d'hiver. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pouvoir solidariser les pratiques h&#233;t&#233;rog&#232;nes en fonction des espaces, du climat g&#233;ographique, de l'environnement social et spatial, du temps &#224; notre disposition. L'hypoth&#232;se du lien commun qui se cr&#233;e dans ces espaces vient peut &#234;tre du fait que les personnes &#171; s'approprient leurs pratiques, leurs terrains et [l'artisanat] de leur intervention. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwan Redon&lt;br class='autobr' /&gt;
2 novembre 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
Enseignant-&#233;ducateur, coordinateur des espaces &#233;ducatifs Bricabracs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://bricabracs.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bricabracs.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pr&#233;cisions :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Le bonhomme qui n'y est pas &#187; et &#171; l'arachn&#233;en &#187; renvoient au travail de Fernand Deligny.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Rhizome, ligne d'erre &#187; sont inspir&#233;s d'une lecture trop rapide de Deleuze/ Guattari
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le mode d'organisation entre d&#233;sordre et ordre renvoie &#224; l'exp&#233;rience des &#233;coles Freinet de la tendance dite du 3&#232;me type, dont le principal diffuseur d'id&#233;e et th&#233;oricien est Bernard Collot.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La derni&#232;re formule est emprunt&#233;e &#224; Laurent Ott en la transformant un peu. Le terme &#171; ing&#233;nierie &#187; est remplac&#233; par &#171; artisanat &#187; : les personnes &#171; s'approprient leurs pratiques, leurs terrains et [l'artisanat] de leur intervention. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous la haine de la p&#233;dagogie, celle de l'&#233;galit&#233;</title>
		<link>http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article298</link>
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		<dc:date>2016-10-19T23:44:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Magali</dc:creator>



		<description>Est-il possible d'envisager un changement de l'&#233;cole au sein de l'institution ? Si nous avons cr&#233;&#233; l'espace &#233;ducatif Bricabracs c'est que nous n'avons pas r&#233;ussi sans en sortir. La question se pose, une r&#233;ponse dans un article du Monde. Par Laurence De Cock (Professeure d'histoire-g&#233;ographie) et Gr&#233;gory Chambat (Enseignant) &lt;br /&gt;En savoir plus sur &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/19/sous-la-haine-de-la-pedagogie-celle-de-l-egalite_5016122_3232.html#sPjqFOSlXYqkfggh.99&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/19/sous-la-haine-de-la-pedagogie-celle-de-l-egalite_5016122_3232.html#sPjqFOSlXYqkfggh.99&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&#034;Sous &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article298' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-il possible d'envisager un changement de l'&#233;cole au sein de l'institution ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous avons cr&#233;&#233; l'espace &#233;ducatif Bricabracs c'est que nous n'avons pas r&#233;ussi sans en sortir.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question se pose, une r&#233;ponse dans un article du Monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Laurence De Cock (Professeure d'histoire-g&#233;ographie) et Gr&#233;gory Chambat (Enseignant)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En savoir plus sur &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/19/sous-la-haine-de-la-pedagogie-celle-de-l-egalite_5016122_3232.html#sPjqFOSlXYqkfggh.99&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/19/sous-la-haine-de-la-pedagogie-celle-de-l-egalite_5016122_3232.html#sPjqFOSlXYqkfggh.99&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Sous la haine de la p&#233;dagogie, celle de l'&#233;galit&#233;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
La charge du retour &#224; l'ordre dans l'&#233;cole est telle, &#224; la veille de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, que les militants de la justice sociale doivent passer &#224; l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cette rentr&#233;e, le d&#233;bat sur l'&#233;ducation est plus que jamais enkyst&#233; par les appels au retour &#224; l'ordre moral, &#224; l'autorit&#233; et &#224; &#034; l'identit&#233; nationale &#034;&lt;/strong&gt;.Mesures simplistes (port de l'uniforme ou salut au drapeau) et offensives id&#233;ologiques (sur le &#034; roman national &#034; ou contre l'enseignement des questions de genre) sont relay&#233;es en &#034; une &#034; des magazines ou dans des pamphlets hargneux livrant les pr&#233;tendus &#034; p&#233;dagogistes &#034; &#224; la vindicte populaire. Sous des aspects plus ou moins folkloriques, c'est la nostalgie d'une &#233;cole de la s&#233;gr&#233;gation sociale, du chacun &#224; sa place et de l'entre-soi qui avance masqu&#233;e. Car ces discours sur le &#034; bon vieux temps &#034; participent d'une offensive r&#233;actionnaire qui vise en r&#233;alit&#233; l'&#233;galit&#233; et la d&#233;mocratie, &#224; l'&#233;cole et au-del&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt; La perspective de la pr&#233;sidentielle alimente cette course &#224; la surench&#232;re &#034; d&#233;cliniste &#034;. Marine Le Pen ne s'y est pas tromp&#233;e, consacrant sa premi&#232;re &#034; convention pr&#233;sidentielle &#034; &#224; la question scolaire pour capitaliser sur les discours &#034; antip&#233;dagogistes &#034; et tenir sa revanche sur &#034; l'esprit de 68 &#034;. Depuis trente ans, les d&#233;plorations sur le naufrage de l'&#233;cole, annonciateur de l'effondrement de la &#034; civilisation &#034;, sont &#224; la fois le socle de la strat&#233;gie de reconqu&#234;te de l'h&#233;g&#233;monie culturelle par les droites extr&#234;mes et l'assise id&#233;ologique d'un courant national-r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle chasse aux sorci&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#034; Ayatollahs de la p&#233;dagogie &#034;, &#034; Khmers rouges &#034;, &#034; nouveaux Mao &#034;, &#034; barbares &#034;, &#034; assassins de l'&#233;cole &#034;, &#034; p&#233;dagogiches &#034; ou &#034; p&#233;dabobos &#034; : la &#034; guerre civile des mots &#034; des &#034; antip&#233;dagogistes &#034; ne semble plus souffrir de limites. Du complot des &#034; forces obscures &#034; de Jean-Claude Milner &#8211; l'inventeur du fumeux concept de &#034; p&#233;dagogisme &#034; (De l'&#233;cole,Seuil, 1984) &#8211; &#224; la campagne de promotion du livre de Carole Barjon (Mais qui sont les assassins de l'&#233;cole ?, Robert Laffont, 234 p., 18 euros) inspir&#233;e des avis de recherche de criminels, il y a une permanence dans le confusionnisme. D&#233;sormais, quiconque veut &#233;crire sur l'&#233;cole peut se passer de toute rigueur d'analyse ou d'enqu&#234;te de terrain.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette nouvelle chasse aux sorci&#232;res concerne toutes celles et tous ceux qui, par leurs pratiques au quotidien et par leurs engagements, ne se satisfont pas de l'&#233;cole telle qu'elle est &#8211; trop in&#233;galitaire, s&#233;gr&#233;gative et conservatrice. Sociologues, p&#233;dagogues, historiens sont les emp&#234;cheurs de &#034; r&#233;gresser en paix &#034;, de r&#233;former &#224; reculons de l'histoire, du social, de la justice, de l'&#233;galit&#233;. N'h&#233;sitant plus &#224; convoquer les &#233;l&#233;ments de langage forg&#233;s par la matrice n&#233;odroiti&#232;re, cette n&#233;buleuse, nostalgique d'un ordre scolaire &#8211; et social &#8211; ancien, &#233;tend son influence sans qu'on s'en alarme.&lt;br class='autobr' /&gt; Car c'est autour de l'&#233;cole que se nouent ces alliances : meeting commun en septembre 2015 pour Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Pierre Chev&#232;nement, applaudis par le repr&#233;sentant de SOS Education et Charles Beigbeder ; Jean-Paul Brighelli, l'auteur de La Fabrique du cr&#233;tin (Folio, 2006), saluant le programme &#233;ducatif du Front national (septembre 2015) d'abord, et acceptant d'intervenir &#224; leur universit&#233; d'&#233;t&#233; ensuite (septembre 2016).&lt;br class='autobr' /&gt; On nous r&#233;torquera que le r&#233;cent succ&#232;s de librairie de C&#233;line Alvarez, Les Lois naturelles de l'enfant (Les Ar&#232;nes, 464 p., 22 euros), pr&#244;nant la rencontre des neurosciences et de la m&#233;thode Montessori, prouve la r&#233;sistance de la p&#233;dagogie &#224; ces assauts r&#233;p&#233;t&#233;s. S'il n'est nullement question de comparer cette exp&#233;rience aux plumitifs confortablement isol&#233;s du terrain qu'ils fustigent, il n'en reste pas moins que ce livre est aussi une attaque en r&#232;gle de l'&#233;cole publique et de ses enseignants, comme en t&#233;moigne sa promotion sur le dos du travail ordinaire et invisible de milliers de professeurs des &#233;coles. La d&#233;marche est donc faussement g&#233;n&#233;reuse et porte en creux le m&#234;me anath&#232;me que les h&#233;rauts de l'&#034; antip&#233;dagogisme &#034; : ringardiser le service public, le travail enseignant et la perspective de justice sociale port&#233;e par la p&#233;dagogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt; Trop longtemps, les militantes et les militants pour une autre &#233;cole se sont content&#233;s de hausser les &#233;paules et de ne pas r&#233;pondre &#224; ces &#233;ructations d&#233;lirantes. &lt;/strong&gt; R&#233;sultat, petit &#224; petit, cette n&#233;buleuse &#034; r&#233;ac-publicaine &#034; et ses suppl&#233;tifs n&#233;olib&#233;raux s'arrogent le monopole de la contestation de l'institution scolaire&#8230; et renvoient leurs adversaires &#224; la seule posture &#034; d&#233;fensive &#034; de l'institution. Pour nous, au contraire, l'heure est &#224; l'offensive, non seulement contre les tentations et les tentatives r&#233;actionnaires mais aussi contre les injustices sociales du syst&#232;me et ses impasses. La cr&#233;dibilit&#233; de nos luttes et de nos pratiques p&#233;dagogiques est &#224; ce prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que, &#224; la diff&#233;rence des &#233;ditocrates et des pamphl&#233;taires de l'&#034; antip&#233;dagogisme &#034;, nous vivons au jour le jour la r&#233;alit&#233; des &#233;tablissements scolaires ; parce que nous nous battons, avec nos syndicats, nos collectifs, pour des conditions de travail et d'enseignement &#224; la hauteur des enjeux, parce que nous sommes les t&#233;moins des effets destructeurs de la crise &#233;conomique et sociale sur les &#233;l&#232;ves et leurs familles, nous savons que la question &#233;ducative est d'abord et avant tout une question sociale.&lt;strong&gt; Nous savons qu'une &#233;cole &#233;mancipatrice ne se construit pas sur le repli identitaire, sur la l&#233;gitimation des in&#233;galit&#233;s ni sur le dressage ou le c&#226;blage des corps, des cerveaux et des esprits.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une &#034; p&#233;dagogie critique &#034;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Mais nous savons aussi, apr&#232;s cinq ann&#233;es de refondation de l'&#233;cole, sans perspective sociale et &#233;galitaire, que ce n'est pas &#034; d'en haut &#034; que viendront les transformations de l'&#233;cole. &#192; l'instrumentalisation de la p&#233;dagogie par les gestionnaires du syst&#232;me au service du lib&#233;ralisme triomphant, nous r&#233;pondons par une &#034; p&#233;dagogie critique &#034; qui s'efforce, au jour le jour, de construire les outils dont pourront se saisir nos &#233;l&#232;ves pour s'&#233;manciper individuellement et collectivement.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la diff&#233;rence des nostalgiques de l'&#233;cole d'hier, nous ne r&#233;duisons pas nos ambitions &#233;ducatives au &#034; b.a.-ba &#034; de l'instruction minimale, comme au temps de Jules Ferry. Lire, &#233;crire, compter, oui ; mais aussi penser, s'exprimer, cr&#233;er&#8230;&lt;strong&gt; Le niveau de d&#233;mocratie d'un syst&#232;me ne se mesure pas au nombre de domin&#233;s &#224; qui l'on accorde le privil&#232;ge de rejoindre le camp des dominants. Une &#233;cole d&#233;mocratique et &#233;mancipatrice doit se fixer comme horizon la capacit&#233; de permettre &#224; chacun et chacune de transformer le monde pour le rendre plus juste et plus vivable.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a tout juste cinquante ans disparaissait C&#233;lestin Freinet, en butte &#224; la haine des r&#233;actionnaires et de l'extr&#234;me droite d'alors. Nous nous revendiquons toujours de son h&#233;ritage, celui d'un engagement militant, dans et hors de la classe, contre &#034; l'&#233;cole, fille et servante du capitalisme &#034;. &lt;strong&gt;Son projet &#233;ducatif et politique est aussi le n&#244;tre &#8211; non plus &#034; d&#233;velopper, am&#233;liorer, r&#233;former l'enseignement, - mais le r&#233;volutionner &#034;. Il reste toujours en chantier et met plus que jamais en rage les tenants de l'ordre &#233;tabli. C'est bon signe, continuons !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par LAURENCE DE COCK et GR&#201;GORY CHAMBAT / &#169; Le Monde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dissonnance / Jean Pauly et sa vie d'&#233;cole. </title>
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		<dc:date>2016-10-01T07:52:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>erwan</dc:creator>



		<description>On n'est pas &#224; Marseille, mais dans le Lot. Jean Pauly, un autre instit qui nous raconte l'int&#233;r&#234;t de ce que nous tentons de recr&#233;er en milieu urbain, dans une petite poche de verdure &#224; vertu rhizomique. Erwan &lt;br /&gt;&#224; &#233;couter ici radiosaintaffrique-emissions dissonances de Josef Ulla &lt;br /&gt;L'&#233;mission de ce mois-ci est consacr&#233;e &#224; Jean Pauly, et &#224; son parcours de vie. &lt;br /&gt; Instituteur en banlieue parisienne, il termine son parcours dans le Lot, dans une toute petite &#233;cole. &lt;br /&gt;P&#233;dagogue, il a su &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article296' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On n'est pas &#224; Marseille, mais dans le Lot. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Pauly, un autre instit qui nous raconte l'int&#233;r&#234;t de ce que nous tentons de recr&#233;er en milieu urbain, dans une petite poche de verdure &#224; vertu rhizomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Erwan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; &#233;couter ici&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://radiosaintaffrique.com/emissions/dissonances&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;radiosaintaffrique-emissions dissonances de Josef Ulla&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission de ce mois-ci est consacr&#233;e &#224; Jean Pauly, et &#224; son parcours de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Instituteur en banlieue parisienne, il termine son parcours dans le Lot, dans une toute petite &#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;dagogue, il a su &#233;chapper au formatage de l'Education Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lanceur d'alerte sur le fichage des enfants , chantre de la classe &#224; multi niveaux, c'est en tant qu'acteur qu'il a voulu pratiquer son m&#233;tier , refusant de devenir un agent de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Pauly, c'est aussi un amoureux des mots qui d&#233;crit avec po&#233;sie, esp&#233;rance et humanit&#233;, la joie d'enseigner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le multi-&#226;ge, un autre paradigme encore insupportable.</title>
		<link>http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article295</link>
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		<dc:date>2016-09-20T00:48:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno</dc:creator>



		<description>Le multi-&#226;ge, une approche syst&#233;mique, un autre paradigme encore insupportable. &lt;br /&gt;Article publi&#233; dans la revue qu&#233;b&#233;coise &#171; Grandir en multi-&#226;ge &#187;, d&#233;cembre 2010 et repris dans le livre &#171; multi-&#226;ge &#187; [bleu]TheBookEdition.com[/bleu] &lt;br /&gt;Pendant longtemps et un peu partout dans les pays occidentaux, le multi-&#226;ge ne r&#233;sultait pas d'un choix mais d'une contrainte d&#233;mographique et g&#233;ographique. Dans la France rurale, pendant longtemps, ce que l'on appelle les classes uniques et les classes &#224; &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article295' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;multi-&#226;ge, une approche syst&#233;mique, un autre paradigme encore insupportable.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; dans la revue qu&#233;b&#233;coise &#171; Grandir en multi-&#226;ge &#187;, d&#233;cembre 2010 et repris dans le livre &#171; multi-&#226;ge &#187; [bleu]TheBookEdition.com[/bleu]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps et un peu partout dans les pays occidentaux, le multi-&#226;ge ne r&#233;sultait pas d'un choix mais d'une contrainte d&#233;mographique et g&#233;ographique. Dans la France rurale, pendant longtemps, ce que l'on appelle les classes uniques et les classes &#224; cours multiples constituaient la majorit&#233; des &#233;coles. Avec l'exode rural de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle leur nombre s'est d'abord accru, puis, pour la m&#234;me cause, a ensuite naturellement r&#233;gress&#233;. La r&#233;gression, d&#233;lib&#233;r&#233;e cette fois, s'est accrue dans la seconde moiti&#233; de ce m&#234;me si&#232;cle en raison des politiques d'am&#233;nagement du territoire et des politiques scolaires. Il s'agissait et il s'agit toujours d'&#233;radiquer les classes multi-&#226;ges. Les raisons invoqu&#233;es &#233;taient d'ordre p&#233;dagogiques mais surtout &#233;conomiques (&#233;conomies d'&#233;chelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de quelques r&#233;sistances dans les deux derni&#232;res d&#233;cennies, les politiques d'&#233;radication ont &#233;t&#233; bien accept&#233;es. Les protestations ne s'&#233;levant que lorsqu'une suppression de classe dans une &#233;cole induisait la pr&#233;sence de deux niveaux dans les autres classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu attendre la fin du XX&#232;me si&#232;cle pour que des travaux statistiques sur les r&#233;sultats scolaires, en France et ailleurs, d&#233;montrent contre toute attente que les r&#233;sultats de ces classes multi-&#226;ges &#233;taient m&#234;me l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieurs aux moyennes nationales. Ce qui n'a strictement rien chang&#233; dans les politiques scolaires. Pas plus d'ailleurs que dans les repr&#233;sentations qu'avaient enseignants et parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut comprendre d'o&#249; provient cet attachement &#224; ce que j'ai appel&#233; les cha&#238;nes industrielles scolaires, en dehors de toutes consid&#233;rations politiques ou id&#233;ologiques qui ne sont &#233;videmment pas absentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes encore fortement impr&#233;gn&#233;s du rationalisme des DESCARTES et NEWTON ou du positivisme d'Auguste CONTE qui ont produit ce que nous appelons l'approche analytique. C'est la raison, facult&#233; de l'esprit humain, dont la mise en &#339;uvre nous permet de fixer des crit&#232;res de v&#233;rit&#233; et d'erreur, de discerner le bien et le mal et de mettre en &#339;uvre des moyens en vue d'une fin donn&#233;e. La raison a une puissance normative, elle r&#233;git l'exp&#233;rience, elle aboutit aussi &#224; des certitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rationalisme est &#224; l'oppos&#233; de l'empirisme qui n'admet pas que la raison soit constitu&#233;e de principes a priori. La raison est alors une tabula rasa sur laquelle s'impriment les donn&#233;es de l'exp&#233;rience. La connaissance venant donc enti&#232;rement de l'exp&#233;rience, il n'y a que des principes a posteriori. Ce qui a donn&#233; lieu &#224; des d&#233;bats mill&#233;naires depuis Platon et Aristote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que rationalisme et positivisme ont &#233;t&#233; d'une &#233;tonnante f&#233;condit&#233; pendant deux ou trois si&#232;cles. Il n'emp&#234;che aussi qu'ils but&#232;rent sur des impasses, en particulier &#224; partir du XIX&#232;me si&#232;cle dans le domaine des sciences du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; au temps de Descartes, il se trouvait des PASCAL (&#171; Je tiens pour impossible de conna&#238;tre les parties sans conna&#238;tre le tout, non plus que de conna&#238;tre le tout sans conna&#238;tre particuli&#232;rement les parties &#187;), des LEIBNITZ, SPINOZA&#8230; qui relativisaient les certitudes du rationalisme mais en faisant intervenir la m&#233;taphysique. Il a fallu attendre la fin du XIX&#232;me si&#232;cle et surtout le XX&#232;me si&#232;cle pour que la complexit&#233; apparaisse comme une donn&#233;e principale et non plus comme une donn&#233;e &#224; d&#233;composer. Cela a &#233;t&#233; la naissance de la cybern&#233;tique et surtout de la syst&#233;mique qui ont permis d'approcher diff&#233;remment la plupart des probl&#232;mes scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; le renouvellement des probl&#233;matiques scientifiques en m&#234;me temps que la naissance et le d&#233;veloppement d'une nouvelle pens&#233;e dont on trouve les sources d&#233;j&#224; chez BACHELARD, Paul VALERY (Ce qui est simple est faux, mais ce qui est compliqu&#233; est inutilisable [1] !) mais surtout chez Norbert WIENER, Arturo ROSENBLUETH, Margaret MEAD, Gregory BATESON,&#8230; chez une multitude de chercheurs dans tous les domaines, des sciences dures aux sciences de la vie et de l'homme, et dans une interdisciplinarit&#233; toute nouvelle. Ce qui a &#233;t&#233; &#224; son tour d'une &#233;tonnante f&#233;condit&#233;. Des notions comme les structures dissipatives de PRIGOGINE, le principe de l'ordre par le bruit de Heintz Von FOERSTER et repris par ATLAN, le constructivisme de PIAGET, l'autopo&#239;ese de VARELA et MATURANA et bien d'autres en sont n&#233;es, comme en est n&#233;e l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est une formidable r&#233;volution &#233;pist&#233;mologique est une r&#233;volution de la pens&#233;e, de la fa&#231;on de penser. Ce que l'on appelle un nouveau paradigme. Mais, au regard de l'histoire, elle est r&#233;cente. Or, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, nous pensons toujours suivant les vieux cadres du cart&#233;sianisme. L'&#233;cole jusqu'&#224; maintenant n'a fait que nous formater dans ce mode de pens&#233;e et a en particulier format&#233; nos &#233;lites dirigeantes. Nous abordons encore dans la soci&#233;t&#233; civile la plupart des probl&#232;mes sociaux et soci&#233;taux &#224; travers cette grille, sans pouvoir les r&#233;soudre mais &#224; l'inverse en les accentuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la droite ligne du rationalisme cart&#233;sien, l'autre ph&#233;nom&#232;ne historique dont nous d&#233;pendons encore, cela a &#233;t&#233; la rationalisation du travail commenc&#233;e par VAUBAN et th&#233;oris&#233;e et transform&#233;e en m&#233;thode par TAYLOR. Pour optimiser la production : division rationnelle et scientifique des processus, division et simplification des t&#226;ches, rationalisation et standardisation des op&#233;rations &#224; effectuer, distinction entre concepteurs et ex&#233;cutants, etc. Henri FORD, dans la perspective d'une production de masse, invente d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle la cha&#238;ne industrielle. L&#224; encore on ne peut dire que le taylorisme et le fordisme n'ont pas &#233;t&#233; f&#233;conds si on ne tient pas compte des cons&#233;quences sociales et de la d&#233;shumanisation qui en ont r&#233;sult&#233; rapidement. Ce d'autant qu'un Henri FORD justifiait la production de masse par une &#233;l&#233;vation r&#233;troactive du niveau de vie des ouvriers, ce qui a &#233;t&#233; le cas&#8230; un certain temps ! Si on a pu penser ces syst&#232;mes f&#233;conds dans les finalit&#233;s qu'on leur assignait, ce n'est manifestement plus le cas. Quant aux finalit&#233;s et aux profits que pouvait en retirer l'esp&#232;ce humaine, ils ont disparu depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes &#233;ducatifs ont &#233;t&#233; con&#231;us pendant cette p&#233;riode, encore dans la pens&#233;e cart&#233;sienne, dans une approche analytique. Eux aussi devaient r&#233;pondre &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; production de masse &#187;, celle d'une population sachant lire, &#233;crire, compter. Ils se sont content&#233;s de d&#233;cliner le ratio studorium des j&#233;suites du XVI&#232;me si&#232;cle en modifiant et en &#233;tendant les composants. La constitution, pour ce faire, de cha&#238;nes industrielles scolaires &#233;tait compr&#233;hensible. Elles &#233;taient tout au moins dans les logiques cart&#233;siennes et tayloristes de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes toujours dans le m&#234;me paradigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce paradigme, le multi-&#226;ge est incompr&#233;hensible et d&#233;rangeant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son efficience et sa n&#233;cessit&#233; sont inexplicables quand on veut les comprendre par les approches analytiques dont nous sommes impr&#233;gn&#233;s. Les travaux statistiques qui ont r&#233;v&#233;l&#233; que les r&#233;sultats des classes multi-&#226;ges &#233;taient meilleurs que dans les classes mono-&#226;ge n'ont provoqu&#233; que trouble et perplexit&#233; : ils apparaissaient comme anormaux. S'il y a eu peu de travaux des institutions pour se pencher sur ce ph&#233;nom&#232;ne, c'est aussi parce que son &#233;tude &#233;tait impossible avec les outils intellectuels d'analyse habituellement utilis&#233;s. Les explications tent&#233;es en sont rest&#233;es &#224; celles que l'on pouvait penser aussi valables dans le cadre classique (convivialit&#233;, entraide entre &#226;ges, int&#233;gration plus souple des rythmes d'apprentissage, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on a voulu prendre en compte ce constat, on a bien essay&#233; de faire sciemment des classes multi-&#226;ges, mais toujours dans l'approche analytique : les enfants pouvaient passer souplement d'un &#171; niveau &#187; &#224; un autre, d'une activit&#233; programm&#233;e correspondant &#224; leur niveau dans telle mati&#232;re &#224; une autre d'un autre niveau dans telle autre mati&#232;re, etc. Certes, on am&#233;liorait l&#233;g&#232;rement les performances, on rendait l'apprentissage plus supportable, on prenait plus en compte les d&#233;veloppements individuels, mais on compliquait &#224; outrance et les structures, et les t&#226;ches des enseignants. Des usines &#224; gaz ! La complication est inutilisable ! C'est d'ailleurs ce qui a fait fuir &#224; juste titre les enseignants des classes multi-&#226;ges se pla&#231;ant dans la situation de proc&#233;der suivant les m&#234;mes approches et les m&#234;mes logiques que dans les autres classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le multi-&#226;ge implique une approche totalement diff&#233;rente, et des apprentissages, et de l'acte &#233;ducatif, et des dispositifs. Une approche syst&#233;mique. Mais dans celle-ci, les r&#233;f&#233;rences, les rep&#232;res et les mod&#232;les habituels n'existent plus, ne fonctionnent plus. Ce que j'ai appel&#233; une &#233;cole du 3&#232;me type est n&#233; de la conjonction des p&#233;dagogies nouvelles et du multi-&#226;ge. Des journalistes ont pu dire que c'&#233;tait une autre plan&#232;te. Une autre plan&#232;te parce que rien n'y ressemblait &#224; ce que l'on s'attendait d'y voir, d'y voir faire et d'y trouver (programmes, emploi du temps, le&#231;ons, exercices, &#233;valuations&#8230; jusqu'&#224; la place du ma&#238;tre). Si on pouvait constater que cette &#233;cole constituait une entit&#233; vivante et harmonieuse, on ne percevait plus de fa&#231;on distincte et ordonn&#233;e les cases o&#249; les apprentissages d&#233;volus &#224; l'&#233;cole devaient se r&#233;aliser. Que des enfants en sortent en y ayant r&#233;alis&#233; les m&#234;mes apprentissages au moins aussi bien que dans les autres &#233;coles &#233;tait inexplicable. Sauf si, comme nous l'avons fait, nous abordons son observation et sa compr&#233;hension &#224; travers la grille syst&#233;mique. Alors naissance et d&#233;roulement des processus s'&#233;clairent et se trouvent a posteriori conformes &#224; ce qu'ont d&#233;couvert les nouvelles sciences de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, et le mais est important, dans une approche syst&#233;mique on ne peut pas mod&#233;liser la vie comme dans le rationalisme pour en faire d&#233;couler programmes, t&#226;ches, pratiques, m&#233;thodes, modes d'emploi&#8230; Ce que l'on peut mod&#233;liser provisoirement, c'est un certain nombre de principes g&#233;n&#233;rateurs qui semblent aujourd'hui admis comme ceux du fonctionnement, du d&#233;veloppement et de l'&#233;volution des syst&#232;mes vivants, donc des &#234;tres vivants. Communication, interaction, r&#233;troaction, t&#226;tonnement exp&#233;rimental,&#8230; Mais cela ne d&#233;bouche pas sur une mod&#233;lisation des actions. &#171; La complexit&#233; appelle la strat&#233;gie &#187; &#233;crivait Edgar Morin, mais &#224; la diff&#233;rence de la mod&#233;lisation analytique, la mod&#233;lisation syst&#233;mique ne pr&#233;tend pas d'abord &#224; la r&#233;solution, mais &#224; la compr&#233;hension [2] . Elle ne produit pas de m&#233;thode au sens d'une liste ordonn&#233;e d'actions &#224; r&#233;aliser pour aboutir &#224; un objectif pr&#233;d&#233;termin&#233;. &#171; La m&#233;thode nuit &#224; l'ing&#233;niosit&#233; ; et l'ing&#233;niosit&#233; a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; l'homme pour savoir, c'est &#224; dire pour faire &#187; (Giambatisto VICO [3] ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La m&#233;thode &#187; d'Edgar MORIN n'est pas comme celle de DESCARTES la fa&#231;on de conduire un raisonnement et les actions qui en d&#233;coulent, une m&#233;thode prescriptive. C'est une m&#233;thode indicative qui donne des pistes, des principes d&#233;coulant de connaissances qui pourraient aider &#224; &#233;tablir des hypoth&#232;ses de strat&#233;gies &#224; explorer. A l'inverse elle repose sur le doute en rendant le doute source d'&#233;volution. Or, ce que l'on attend encore aujourd'hui dans tous les domaines, c'est qu'il soit donn&#233; une m&#233;thode &#224; ex&#233;cuter et dont on peut croire en ses certitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.L LEMOIGNE rajoute ailleurs que le projet de la mod&#233;lisation syst&#233;mique est sans doute de permettre &#224; chacun des acteurs qui la pratique, devenant ainsi mod&#233;lisateur, de se construire quelques syst&#232;mes de symboles sur lequel il pourra exercer sa raison en les transformant &#224; sa guise, de repr&#233;sentation en repr&#233;sentation, exercice que nous entendons habituellement sous le nom de &#171; r&#233;flexion &#187;, par lequel l'acteur construit son projet dans sa t&#234;te avant et afin de l'incarner par son action [4]. La mod&#233;lisation syst&#233;mique est mod&#233;lisation d'un syst&#232;me observant et donc d'un syst&#232;me qui s'observe lui-m&#234;me dans ses actions : le mod&#233;lisateur devient syst&#232;me intelligent, capable de s'observer mod&#233;lisant, et donc de se construire des repr&#233;sentations de ses actions [5]. C'est &#224; partir de ces repr&#233;sentations qu'il envisage ou r&#233;-envisage de nouvelles actions qu'il mod&#233;lisera en nouvelles repr&#233;sentations suivant les effets de ces actions. La mod&#233;lisation permettant l'action n'est jamais d&#233;finitive, jamais termin&#233;e. Ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme mod&#233;lis&#233;, c'est alors une attitude, une disposition d'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement cette d&#233;marche qu'ont suivi intuitivement quelques enseignants confront&#233;s ou ayant choisi le multi-&#226;ge. Pouss&#233;e au plus loin et cette fois consciemment dans sa logique, elle a aboutit &#224; une &#233;cole du 3&#232;me type qui d&#233;montre son efficience. Mais on comprend qu'elle d&#233;stabilise voire s'av&#232;re impossible pour la majorit&#233; des enseignants format&#233;s au cart&#233;sianisme. Ce d'autant qu'elle les fait sortir de la fausse s&#233;curit&#233; qu'apportent les mod&#232;les auxquels il suffit de se conformer et de se conforter, et dont on n'a pas &#224; envisager qu'ils puissent &#234;tre incertains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre enfermement est celui de la conception de la transmission des connaissances qui est la finalit&#233; officielle de l'&#233;cole r&#233;affirm&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es dans de nombreux syst&#232;mes &#233;ducatifs. Les connaissances &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme des objets &#224; transmettre. On admet bien aujourd'hui la validit&#233; du constructivisme de PIAGET et de WYGOTSKY, mais on le vide de sa substance en se contentant de vouloir transmettre telles ou telles connaissances &#224; des moments ad&#233;quats. Ce qui suppose que la construction de l'enfant et de son intelligence capable d'appr&#233;hender ces connaissances s'est faite par ailleurs, dans d'autres temps que celui de l'&#233;cole. Mais aujourd'hui, o&#249; est c'est &#171; ailleurs &#187; et son temps ? Dans la plupart des pays et particuli&#232;rement en France, le temps de l'&#233;cole occupe l'essentiel du temps de l'enfant et de l'adolescent, le temps de leur construction. Et plus l'&#233;cole veut accentuer son emprise de masse [6], plus les syst&#232;mes &#233;ducatifs bas&#233;s sur la transmission rationaliste des connaissances sont inefficients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les syst&#232;mes &#233;ducatifs et leurs op&#233;rateurs, les enseignants, se placent r&#233;solument dans le constructivisme et prennent comme finalit&#233; la construction des langages tels nous les avons d&#233;finis dans une &#233;cole du 3&#232;me type et qui n&#233;cessitent qu'ils s'effectuent dans des entit&#233;s vivantes et multi-&#226;ges, il leur faut affronter la non planification de ce qui est non plus la transmission des connaissances mais l'accession aux connaissances. Ils ne peuvent plus standardiser les op&#233;rations &#224; effectuer, ils ne peuvent plus &#233;valuer statistiquement leur efficacit&#233;, il leur faut m&#234;me reconsid&#233;rer ce qu'est leur efficacit&#233; et ce que peut &#234;tre son &#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, en dehors de la r&#233;volution &#233;pist&#233;mologique &#224; effectuer, celle de la pens&#233;e, le multi-&#226;ge remet radicalement en cause tous les syst&#232;mes &#233;ducatifs. Non seulement il n&#233;cessite une restructuration compl&#232;te de l'organisation de leur structure globale et de la structure de chacune de leurs unit&#233;s, ne serait-ce d'ailleurs que parce qu'il faut que celles-ci soient de petites structures capables de constituer des entit&#233;s, mais il n&#233;cessite aussi de r&#233;-envisager leurs finalit&#233;s qui d'ailleurs sont un peu partout devenues floues et ambig&#252;es. Il n&#233;cessite de revoir toutes les conceptions, tous les dispositifs, qu'ils soient ceux de la formation, de l'&#233;valuation, du contr&#244;le, des architectures hi&#233;rarchiques qui seront passablement boulevers&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette remise en cause, les positions des diff&#233;rents acteurs et leurs relations changeront, de nouveaux acteurs &#224; part enti&#232;re appara&#238;tront (parents, citoyens, &#233;lus&#8230; enfants, adolescents !). Plus qu'un changement de politiques, c'est une transformation soci&#233;tale, une r&#233;volution soci&#233;tale. Si l'instauration du multi-&#226;ge dans quelques structures n'est pas n&#233;e d'une id&#233;ologie mais d'un simple pragmatisme, il interpelle cependant toutes les id&#233;ologies. De l&#224; &#224; penser qu'il puisse m&#234;me &#234;tre... subversif&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant, il est m&#234;me explicable que les syst&#232;mes &#233;ducatifs et les organisations politiques refusent obstin&#233;ment d'accepter ce dont le multi-&#226;ge est porteur, qu'ils combattent m&#234;me farouchement tout ce qui peut les troubler, jusqu'&#224; en oublier d'&#234;tre pragmatiques. Ceci avec l'assentiment m&#234;me des enseignants et des populations les premi&#232;res concern&#233;es. C'est l'&#233;radication imperturbable des classes uniques en France alors que les derni&#232;res pourraient constituer des laboratoires qui ne co&#251;tent rien aux finances publiques. Ce sont les mesures de r&#233;torsions administratives et hi&#233;rarchiques contre tous les enseignants qui sortent des rails pour rentrer dans d'autres approches p&#233;dagogiques, veulent introduire le multi-&#226;ge, y compris et m&#234;me surtout quand les r&#233;sultats de leurs actions sont probants. C'est l'ignorance des mouvements p&#233;dagogiques et de toutes leurs exp&#233;riences accumul&#233;es. C'est m&#234;me leur &#233;tranglement financier ainsi que celui des organisations comme AQM (Association Qu&#233;b&#233;coise pour le Multi-&#226;ge). C'est beaucoup plus qu'un manque de pragmatisme ou qu'un manque de vision politique, c'est la r&#233;sistance &#224; ce que tous les d&#233;cideurs pressentent tr&#232;s bien comme un bouleversement qui les toucherait eux-m&#234;mes. En dehors de l'id&#233;ologie, des arri&#232;re-pens&#233;es politiciennes, on peut comprendre cette peur qu'il faudra bien un jour affronter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition d'AQM [7] priv&#233;e de moyens, c'est la disparition d'un laboratoire. La fin de parution de &#171; Grandir en multi-&#226;ge &#187;, c'est la disparition d'un formidable outil qui permettait que prenne consistance l'intelligence collective de praticiens-chercheurs r&#233;solument rentr&#233;s dans l'approche syst&#233;mique qui implique que chaque acteur soit le mod&#233;lisateur de son action dans l'interaction avec d'autres acteurs. Qu'AQM n'ait pas &#233;t&#233; aid&#233;e, c'est une b&#234;tise, un g&#226;chis&#8230; de plus. Mais je ne doute pas que cette intelligence collective se poursuivra par ailleurs, par d'autres moyens et continuera &#224; participer au changement de paradigme dans lequel se situera n&#233;cessairement le multi-&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des sciences, l'histoire sociale et l'&#233;pist&#233;mologie montrent qu'il y a toujours une relation mais un &#233;cart significatif entre les transformations de la pens&#233;e scientifique et les transformations soci&#233;tales. Mais elles montrent aussi que ces derni&#232;res s'y ajustent toujours &#224; un moment ou &#224; un autre. Il n'y aura pas que les syst&#232;mes &#233;ducatifs qui seront touch&#233;s. La faillite et l'impasse de tous les syst&#232;mes qui r&#233;gissent actuellement nos soci&#233;t&#233;s sont les sympt&#244;mes d'un changement in&#233;luctable &#224; venir. La syst&#233;mique encore nous apprend que ce ne peut &#234;tre qu'une praxis. Le multi-&#226;ge est en plein dans cette praxis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard COLLOT, d&#233;cembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Multi-&#226;ge&#8221;, TheBookEdition.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://pagesperso-orange.fr/b.collot/b.collot/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://pagesperso-orange.fr/b.collot/b.collot/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le commentaire d'Erwan, &#233;ducateur de Bricabrac :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;salut Bernard&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu dis :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;tous les organes sont en interaction. A&#239;e ! Mais le partage des pouvoirs peut &#234;tre envisag&#233; comme normal.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans le fonctionnement en multiage qui &#233;tait associ&#233; &#224; une petite structure, un des &#233;l&#233;ments fondamental est que vous &#233;tiez seul comme instit-&#233;ducateur-garant-coordinateur etc. des espaces du lieu du milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;du point de vue du partage des pouvoirs, pour ce qui concerne l'action &#233;ducative sur l'ensemble de la structure cela modifie radicalement les choses. est ce que tu peux nous parler de cela stp ? &lt;br class='autobr' /&gt;
le partage du pouvoir avec les momes je peux entrevoir. mais avec les adultes &#231;a m'a toujours sembl&#233; flou dans l'exp&#233;rience 3&#232;me type que je m'&#233;vertue &#224; essayer de mettre en place. pour avoir aper&#231;u les deux types de structure macro &#233;cole et toute petite structure, c'est tout de m&#234;me un &#233;l&#233;ment tr&#232;s important pour le multiage&lt;br class='autobr' /&gt;
recr&#233;ons des espaces multiage, en ville, mais des petites structures 20 momes...et de l'espace !&lt;br class='autobr' /&gt;
Erwan &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse de Bernard Collot :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu as tout &#224; fait raison de souligner le cas particulier (classes uniques) dans lequel s'est &#233;labor&#233; peu &#224; peu ce que j'ai appel&#233; &#233;cole du 3&#232;me type. Je ne cesse d'ailleurs de rappeler qu'elle est issue d'un processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le processus l'instit au d&#233;part &#233;tait le seul, &#224; avoir tous les pouvoirs (sur l'organisation, sur l'activit&#233;...). Pouvoirs conf&#233;r&#233;s par son statut, autrefois reconnus sans probl&#232;me par les parents dont le seul pouvoir &#233;tait d'enlever leurs enfants et les mettre &#224; l'&#233;cole du chef-lieu (cars de ramassage vers le coll&#232;ge, yeux ferm&#233;s sur la carte scolaire en milieu rural dans le sens classe unique &#233;cole du chef-lieu...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien ce pouvoir qui pouvait &#234;tre utilis&#233; pour l'ouvrir progressivement aux enfants (le plus facile), aux parents, &#224; la communaut&#233; territoriale, dans des modalit&#233;s d'abord fix&#233;es par l'instit, puis propos&#233;es par l'instit, puis devenant le fait de la communaut&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la transition, le transfert et le partage des pouvoirs s'accompagnait du partage de la responsabilit&#233; (l'instit n'&#233;tait plus LE responsable) et c'est au moment de la prise de conscience par chacun de cette responsabilit&#233; et de son int&#233;r&#234;t dans le pr&#233;sent et le devenir de son enfant dans un collectif d'enfants, que se cr&#233;ait un collectif capable d'arriver &#224; des consensus, d'&#234;tre une intelligence collective qui peut prendre une direction commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition permettait aussi de percevoir &#224; chacun quelle &#233;tait sa position et la position des autres dans le collectif. Le probl&#232;me de la re-connaissance est central, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Au bout du terme plus ou moins long, il y avait bien un collectif s'auto-pilotant et dans lequel l'instit &#233;tait consid&#233;r&#233; comme le professionnel ayant &#224; charge de maintenir l'harmonie de l'espace &#233;cole, dont le poids (et l'&#233;coute) &#233;tait celui de l'exp&#233;rience (et de connaissances) mais plus celui de son statut de fonctionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi op&#233;r&#233; le transfert de l'appartenance. Si officiellement l'&#233;cole &#233;tait bien celle de l'Etat, dans les faits elle &#233;tait devenue celle du village, celle qui contribue &#224; sa vie dans le pr&#233;sent et est son devenir. Ces classes uniques n'&#233;taient plus celles d'un Collot ou d'autres coll&#232;gues mais celles de leurs villages (ce qui a fait que pendant 35 ans l'EN n'a pas os&#233; la supprimer, elle avait &#224; faire face &#224; tout un village, du plus jeune au plus vieux !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que s'&#233;tait &#233;tablie une culture sociale et citoyenne s'&#233;tendant &#224; toute la communaut&#233; villageoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment &#233;tait bien la taille de la structure mais aussi la taille de la structure territoriale et sociale &#224; laquelle elle appartenait. Une structure territoriale ne peut devenir structure sociale autonome que lorsque chacun de ses membres peut y percevoir les autres, s'y reconna&#238;tre et se faire reconna&#238;tre, y avoir des int&#233;r&#234;ts communs (dont celui de ses enfants). Hors de cette condition, aller jusqu'au bout d'une &#233;cole de 3&#232;me type me semble impossible dans l'Education nationale (celle-ci ne s'y est pas tromp&#233; en poursuivant l'&#233;radication des derni&#232;res classes uniques existantes tant elles constituent un danger pour la conception &#233;tatique de l'&#233;cole)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la taille des structures ne concerne pas que l'&#233;cole, dans tous les domaines c'est pour moi le point crucial qui conduit notre soci&#233;t&#233; &#224; sa perte dans une entropie irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que c'est plus facile dans les structures hors institution dans lesquelles on y vient par choix et sur des principes annonc&#233;s. Depuis quelques ann&#233;es o&#249; je suis invit&#233; &#224; me pencher sur des &#233;coles alternatives, je constate que chaque fois qu'elles sont instaur&#233;es d'embl&#233;e sur les principes de la libert&#233;, rapidement se posent les probl&#232;mes que tu &#233;voques. Il y a celui des non-dits des motivations des familles qui, en dehors de l'&#233;panouissement des enfants, peuvent &#234;tre sensiblement diff&#233;rentes et source de multiples malentendus, il y a celui de leur dispersion territoriale qui ne favorise pas l'&#233;tablissement d'une communaut&#233;, et surtout il faut que s'instaurent de nouveaux habitus qui ne sont pas ceux dans lesquels chacun vit en dehors de l'&#233;cole. Je pense qu'on ne peut actuellement faire l'impasse de cette transition m&#234;me lorsqu'on s'est donn&#233; les conditions, en particulier celle de s'&#233;carter de l'Institution. (sur mon blog, l'ing&#233;nierie de la lib&#233;ration)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CE QUI EST LE PLUS FACILE, CE SONT LES ENFANTS ! Mais cela tu le sais aussi bien que moi !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une rentr&#233;e en p&#233;dagogie sociale</title>
		<link>http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article294</link>
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		<dc:date>2016-09-17T09:25:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>erwan</dc:creator>



		<description>A l'instar d'autres p&#233;dagogues au pr&#232;s desquels nous puisons inspiration, pour Helena Radlinska, nous dit Ewelina Cazottes, &#171; L'enfant a une place d'auteur de sa propre &#233;mancipation. Il est un &#234;tre social. [&#8230;] L'action p&#233;dagogique doit intervenir sur le milieu de vie sociale pour apporter des solutions aux besoins sociaux. Chez cette p&#233;dagogue du d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle, la d&#233;marche ''sociale'' d&#233;signe une activit&#233; ''pour'', ''avec'' et ''&#224; travers'' la soci&#233;t&#233;. Sa p&#233;dagogie sociale &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?article294' class=' pts_suite'&gt; (...)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.vieasso.bricabracs.org/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;causeries&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'instar d'autres p&#233;dagogues au pr&#232;s desquels nous puisons inspiration, pour Helena Radlinska, nous dit Ewelina Cazottes, &#171; L'enfant a une place d'auteur de sa propre &#233;mancipation. Il est un &#234;tre social. [&#8230;] L'action p&#233;dagogique doit intervenir sur le milieu de vie sociale pour apporter des solutions aux besoins sociaux. Chez cette p&#233;dagogue du d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle, la d&#233;marche ''sociale'' d&#233;signe une activit&#233; ''pour'', ''avec'' et ''&#224; travers'' la soci&#233;t&#233;. Sa p&#233;dagogie sociale est engag&#233;e dans un processus de transformation sociale qui d&#233;passe largement la relation traditionnelle de l'enseignant-&#233;l&#232;ve. [&#8230;] Sa mise en &#339;uvre interroge dans le m&#234;me temps l'objectif (pour la communaut&#233;) et les moyens de le r&#233;aliser (par les forces sociales / communautaires). C'est une activit&#233; syst&#233;matique, durable, qui fait appel &#224; l'anticipation, &#224; l'innovation et &#224; la planification des actions de transformation et d'optimisation. [&#8230;] Cette &#233;ducation sociale doit &#234;tre accessible &#224; touTEs. &#187;(1)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/IMG/jpg/img_1652.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.vieasso.bricabracs.org/local/cache-vignettes/L500xH375/img_1652-e203d.jpg?1687915150' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est en tentant de rester au plus pr&#232;s de cette pens&#233;e d'&#233;ducation sociale que nous venons de relancer la deuxi&#232;me ann&#233;e des Espaces Educatifs Bricabracs. Cela a pu se faire en anticipant d&#232;s le printemps dernier la durabilit&#233; du lieu. Notre adresse est inchang&#233;e. Nous vivons dans les quartiers nord de Marseille, &#224; proximit&#233; de la cit&#233; de la Grani&#232;re, dans les jardins de Baumillon. Il n'y a que les murs que nous avons pu pousser. Nous avons pu alors planifier la transformation de notre espace de vie avec les acteurs de cet environnement : les nouveaux pasteurs r&#233;sidant sur place, les jardiniers, l'association Accueil et Rencontre, les resto du coeur et les familles. Ces derni&#232;res ont pu s'engager suffisamment t&#244;t dans le processus et r&#233;pondre pr&#233;sent pour participer &#224; l'installation. Sur les neuf familles pr&#233;sentes l'an dernier six poursuivent ce chemin. Elles sont rejointes par les onze autres portant notre effectif &#224; dix neuf enfants de 4 &#224; 11 ans. Deux &#233;ducatrices interviennent le midi en coop&#233;ration avec l'enseignant &#233;ducateur pr&#233;sents au pr&#232;s des familles et des enfants de 8h &#224; 17h, les quatre jours d'ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes l&#224;, en grand partie &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gr&#226;ce &#224; la pers&#233;v&#233;rance d'adh&#233;rentEs et de familles qui ont maintenu leurs confiances et ont repris le travail de la vie associative apr&#232;s sa r&#233;organisation,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gr&#226;ce aussi aux 35 personnes qui s'engagent chaque mois &#224; faire vivre cette cr&#233;ation par leurs dons de 10 euros ou plus,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gr&#226;ce enfin &#224; nos h&#244;tes qui renouvellent leur soutien en nous h&#233;bergeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toute cette force d'agir, si le conte &#233;ducatif peut continuer &#224; se tisser du cot&#233; de la vie des enfants, le compte 'y est pas encore pour pouvoir anticiper la dur&#233;e au-del&#224; de cette ann&#233;e. En effet, il nous faut trouver de quoi stabiliser un emploi et en d&#233;velopper un deuxi&#232;me afin de parvenir &#224; &#233;tendre notre activit&#233; sur cinq jours comme pr&#233;vu initialement ( encore l'&#233;quivalent de 300 dons mensuel &#224; trouver).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.vieasso.bricabracs.org/IMG/jpg/img_1652.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.vieasso.bricabracs.org/local/cache-vignettes/L500xH375/img_1652-e203d.jpg?1687915150' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les enfants, eux, se sont lanc&#233;s sans attendre dans leur action sociale. Ils tracent leurs lignes de vie, ils coop&#232;rent, ils s'organisent, ils jouent, ils travaillent, &#8230; Ils r&#233;pondent au sens propre comme au figur&#233; &#224; la formule d'Antonio Machado : &#171; Caminante, no hay camino, se hace camino al andar &#187; (Marcheur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant) (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1 Helena Radlinska, Aux sources de la p&#233;dagogie sociale&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecrits choisis, &#233;dition &#233;tablie et annot&#233;e par Ewelina Cazottes, Gr&#233;gory Chambat et Laurent Ott, Terrains sensibles, L'Harmattan, mai 2016, 170 p&lt;br class='autobr' /&gt;
2 Cit&#233; par Francis Jos&#233; Maria, dans Prenons soin du monde que nous habitons, Catherine Meyer, Ren&#233; Jam, collaboration de Francis Jos&#233; Maria, Edit&#233; par l'association L'eau Partag&#233;e, 2016 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erwan Redon / enseignant-educateur, co-auteur du projet Bricabracs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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