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Causeries

Mais c’est qui cette souris ?

17h, c’est l’heure de récupérer les enfants à Bricabrac. On a jusqu’à 18h, mais je suis curieuse de retrouver Flora pour qu’elle me raconte sa journée.
 Il fait un temps magnifique. La salle de classe est toute petite, mais la terrasse et le jardin sont vastes. Alors pourquoi rester à l’intérieur ? 
Des tables sont installées sous les arbres, pour travailler, jouer ou manger. 
Flora apparaît, un sourire jusqu’aux oreilles « maman c’est trop cool, dans cette école on travaille pas ! ». Elle a visiblement passé une bonne journée. 
Les enfants ont fait connaissance et ont bien pris possession des lieux. Personne n’est pressé de partir, alors on reste un peu pour discuter, essayer de percevoir ce qui a pu se passer dans ce lieu magique. 
Des dessins au mur, de la peinture, des jeux...et la souris toujours dans sa petite cage, placée dans le vivarium, prêt à accueillir toutes sortes de pensionnaires. 
L’animal a beaucoup intéressé les enfants, Flora l’a dessinée et a écrit un petit texte. La souris n’apprécie sans doute pas cette première journée d’école autant que les enfants, mais elle est un peu la vedette de la journée ! 
Flora voudrait la ramener à la maison, je lui rappelle que nous voulions la relâcher, un animal en cage, c’est pas génial. Flora est d’accord, elle demande à Erwan, l’éducateur, si elle peut la laisser partir.
 Il rassemble les enfants et la libère dans le vivarium, pour l’observer encore un peu avant son départ. Elle finit par s’évader. 
« Y’en a qui vont être drôlement contents de trouver une souris ! » commente Erwan. Les enfants réalisent qu’il parle des chats rencontrés plus tôt, lors de la visite du jardin.
 « Ca tombe bien, on a commencé à parler d’étudier des squelettes » ajoute t-il. Les enfants ne relèvent pas vraiment et passent à autre chose. 
Les parents s’amusent de cet humour pas spécialement habituel en maternelle. 
La souris n’aura donc passé qu’une journée à Bricabrac, mais je commence à percevoir les possibilités innombrables d’un lieu, d’un événement qui peuvent devenir source d’apprentissage. 
Bernard Collot appelle ça « La pédagogie de la mouche », l’école du 3ème type.
http://b.collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/mouche.htm

PS : pour celles et ceux qui voudraient vraiment savoir, la souris, c’est celle qu’on a attrapé chez nous la nuit juste avant la rentrée.
D’habitude (heu, oui, ce n’est pas la première !) on la relâche à 100m de chez nous, mais cette fois, on n’avait pas le temps et il aurait été cruel de la laisser dans sa cage toute la journée et idiot de la relâcher dans le jardin.
J’ai pensé qu’on pourrait la libérer à Marseille dans le parc, ni vu ni connu. Mais pendant le trajet l’idée a germé de l’apporter à l’école, ça pouvait intéresser les enfants ? Flora ne semblait pas assumer…puis s’est prise au jeu.
Ce qui est amusant c’est qu’en même temps que l’idée germait, une certaine censure s’insinuait dans mon esprit : mais est-ce que tu as le droit d’apporter une souris à l’école ? Est-ce que l’enseignant va en vouloir ? Est-ce qu’il ne va pas penser qu’on exagère de lui imposer ce petit animal, le jour de la rentrée en plus ! Un vieux réflexe de "traumatisée" de l’école, en tant qu’enfant et qu’adulte sûrement. J’en rigole encore une semaine après.


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