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Causeries

Le corps est instrument général de compréhension du monde

"Le corps est instrument général de compréhension du monde" Merleau Ponty.

Art-thérapeute, Danse-thérapeute, passionnée par les mouvements de l’âme humaine et les rapports entre le corps et l’esprit, j’aime questionner la place du "corps" dans nos sociétés modernes.
L’approche cartésienne de nos sociétés a induit une coupure corps/esprit et "l’être" peut se retrouver désaxé et bancal.
L’école publique où l’enfant "doit" rester assis, se taire avec le corps bien "sage" participe à cette dissociation corps/esprit.
L’enfant n’est qu’un mental qui doit absorber des connaissances, rendues bien souvent froides et indigestes.
Tout semble fonctionner comme si l’impératif d’éducation de nos sociétés était dicté par un souci économique, politique et social , et ce, afin de former de « bons républicains ».
Ce qui domine paraît être l’ intérêt des adultes (décideurs), bien éloigné des rythmes et besoins singuliers des enfants.

Comment l’enfant, qui, par essence , est plein de vie peut il supporter cette dichotomie corps/esprit ?
Où est la place de l’enfant ? Effacée derrière celle de « l’élève » ?
Qu’en est il du « savoir faire », du « savoir être » et autres capacités à vivre avec l’Autre ?
Dans ce contexte, n’est il pas logique que certains enfants présentent des difficultés face aux apprentissages , une hyperactivité et des angoisses de performance ?

Ce que j’aime dans "Bricabracs", c’est la place donnée aux expérimentations, aux manipulations ; à l’apprentissage par corps.
Il ne s’agit pas de rejeter les apports théoriques ; bien au contraire, mais de créer des ponts avec la pratique ; d’effectuer des allers retours entre les deux, afin que le savoir s’ancre en soi avec motivation et plaisir.

Il est bon de se rappeler que le bébé acquière la compréhension et la connaissance d’une chose en la manipulant d’abord. L’appareil à penser se constitue par étayage au corporel.
Par exemple, un bébé découvre une tasse ; c’est en la manipulant, en mettant des choses dedans puis en la vidant que peu à peu il comprend la fonction de contenance de cet objet.
Corps et esprit fonctionnent de pair car nous sommes un tout et "tout ce qui agit sur le corps a des répercussions sur le psychisme et vice versa".
Regardez le vocabulaire par exemple ; il en dit long sur nos façons d’être au monde.
Nous disons quotidiennement : comment vous portez vous ? et des mots de la même famille comme S’emporter, supporter, porter son histoire...etc cela montre la place essentielle du "corps".
Même "Sport" vient de "di-sport" // se porter.
"D’ailleurs "la déportation (n’a t elle pas été induite )afin de nier le manque originel, fantasme d’origine pure".
Continuons avec le terme "Ballet qui vient de jet (ballein). On est censé jeter son corps, le déplacer. ça fait des coupures liens"
"Par le jet, la parole et le ballet se rejoignent à l’origine puis divergent pour se rejoindre encore et, par le jet-projet, projectile et tout l’espace entre sujet et objet". D.Sibony.
Par le mouvement,et en extension la danse par exemple, nous questionnons l’origine et nos limites, portés par l’espace qui à l’instar d’une mère "suffisamment bonne" nous offre ses bras afin d’éprouver notre être au monde, le jouer , le rejouer, créer des coupures et des liens à partir de ce qui n’est pas ou n’est plus....
Ma certitude d’exister s’enracine dans ma réalité physique, mon ressenti, ma réceptivité c’est à dire en référence à "Vittoz" "sentir sans penser".


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