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Causeries

Autoformation.. où les adultes aussi tâtonnent

"- Ah mais en fait aujourd’hui c’est toi qui fait la maîtresse !
- Euh... Oui, enfin on va essayer..."

Bricabracs m’a fait confiance. Une confiance aveugle... ? Un "pari", à un moment où il fallait faire un choix rapidement sur l’ouverture ou pas dans le 15ème, et sur les horaires de l’école. Confiance sur le fait que je pourrais m’adapter au projet, que je pourrais y apporter ma touche, que j’étais capable de rester seule avec les gamins, d’être le lien avec les parents le soir. C’est pas rien de laisser cette place à quelqu’une qui est passée à deux réunions, qui a échangé en tout et pour tout 10 min avec les porteurs du projet, quelques semaines avant d’ouvrir... Moi je savais parfaitement que j’en étais capable. Et Bricabracs a assez bien parié dans cette histoire puisque ça continue, et que ça se passe bien globalement.

Là, on passe une autre étape. Je ne me retrouve pas seulement à proposer des temps de vie collective, et quelques activités à l’initiative des enfants ou des adultes. Il faut que je fasse aussi "la maîtresse"... Mais ça... j’ai jamais fait, moi !

Alors, c’est comme les enfants, je tâtonne. J’observe, je reproduit, je tente autrement, je valide, ou pas, je recommence.

J’apprends surtout à porter un certain regard sur les gamins, à prêter attention à des choses qui ne m’interpellaient pas avant. Je me suis surprise, il y a peu, lors d’un week-end en forêt avec les éclaireurs, à porter une attention particulière à un enfant qui me montrait qu’il était en train de comprendre le mécanisme du jour et de la nuit, de la terre qui tourne au tour du soleil, en jouant avec sa lampe de poche et son poing fermé. J’étais enthousiaste, j’ai pensé "il faut montrer ça aux autres ! Qu’il construise un mobile pour l’expliquer..." Bon, c’était pas du tout l’objet de ce groupe, de ce cadre, donc c’est resté un moment partagé avec cet enfant. Mais si j’avais perçu et enregistré ça, différemment de d’habitude, c’est parce que mes yeux sont entrainés à voir d’autres choses à Bricabracs.

J’apprends à détecter les apprentissages des tous petits qui seront nécessaires aux futurs apprentissages "scolaires"... Ah oui, il faut pouvoir tenir son crayon du bout des doigts avant d’apprendre à écrire. Compter ne signifie pas connaître la signification des nombres. Faire l’effort de raconter une histoire cohérente c’est une première étape vers la lecture et l’écriture.

Au quotidien, je croise Erwan. Salut, ça va, je les prends, il les laisse, à demain. Et la semaine défile comme ça. Quand on passe une heure ensemble, une fois par semaine, on est encore à régler logistique, communication, administratif ou finances… La vie des enfants, du groupe, notre action ? Ça passe par le site, on a pas le temps d’en parler. Il faut que j’écrive, faut "donner à voir", tout de suite… Le temps me manque.

Je suis bien loin encore de maîtriser tous les tenants et aboutissants du métier. J’ai besoin d’apprendre, j’ai besoin de temps... du temps passé à l’école, du temps auprès d’Erwan, du temps à discuter, à échanger, du temps pour lire... du temps... du temps... Si on pouvait revendre des minutes, on aurait un plan de financement tout trouvé pour les 10 prochaines années : à Bricabracs, le temps, ça vaut de l’or !

Alors patience... et persévérance. En attendant d’avoir le temps, faut faire avec : se mouiller, essayer, faire "ce qu’on me dit", prioriser comme d’autres l’entendent, agir. On verra ce que j’en tire... quand j’aurais le temps d’y réfléchir.


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