Causeries

Et c’est l’printemps !!!

Et c’est l’printemps… !!! - Léo Ferré

Le temps pour Bricabracs de prendre des décisions : Reprendre le chemin d’une nouvelle année sociale et éducative ou savourer le déjà vécu et s’en aller vivre autres choses. Après une année 2015-2016 de lancement limité volontairement à 10 enfants, la première année 2016-2017 d’expérimentation que nous vivons dans un cadre réutilisable à l’avenir, nous incite à poursuivre notre effort de création d’un espace éducatif sur des bases sociales d’accessibilitées à tout public. Sur le plan éducatif il s’agit de poursuivre le développement d’un changement de paradigme par rapport aux lieux d’éducation fragmentés que sont les écoles et les accueils de mineur, dans les temps périscolaires en particulier. Notre volonté, à la réalisation encore incertaine, demeure d’ouvrir la structure sur 5 jours d’apprentissage continue de 8h à 17h pour se grandir, enfant comme adulte.
Nous relançons donc une année car sur le plan économique nous pouvons encore nous appuyer sur les subsides glanés au cours de notre première année non rémunérée. Nous le faisons car nous savons qu’un an de vie ne permet pas encore une visibilité suffisamment clair du coté du financement de l’emploi. Mais nous savons aussi que notre autonomie passe notamment par ces 36 donateurs qui apportent déjà 95 parts de 10euros par mois. Porteurs principaux du projet dès ses débuts, ces Gibustiers, comme nous les appelons, sont les principaux garants de l’aspect social de cette création et de son autonomie. En nombre encore insuffisant ils permettront non seulement à des familles à faibles revenues de pouvoir accéder à une expérimentation éducative et à celle ci de pouvoir exister. L’engagement de ces premiers gibustiers-donateurs nous poussent à poursuivre l’aventure en appelant de nos vœux l’embarquement de nouveaux membres pour étoffer cet équipage.
Réouvrir en septembre 2017 ce sera aussi notre réponse à la demande des 16 familles (17 enfants) actuelles qui manifestent leur désir de poursuivre le voyage. C’est aussi dire aux familles des 20 enfants préinscrits parfois depuis plus d’un an, que nous pensons bien à elles, bien que les places soient restreintes à 20 enfants de 4 à 10ans. Nous les remercions par ailleurs de l’intérêt qu’elles portent à ce projet comme l’attestent certains écrits de leur part. (voir « Causerie »)
Enfin poursuivre le chemin ce sera le message de confiance que nous renvoyons aux associations qui nous ont apporté la leur. Celles avec qui nous travaillons régulièrement en pédagogie sociale (chantier de pédagogie sociale de l’Icem, Edition 3.2.1 Awanak, Cantine du midi, Cemea, Hors Gabarit…), celles qui nous soutiennent financièrement (Fondation Nature et Découverte...) ou en communiquant sur notre expérience (Mille Babords, Cira, Icem, Union syndical Solidaire, ...) et enfin celles avec qui nous partageons notre espace de vie sociale quotidiennement et qui acceptent le renouvellement de notre présence (paroisse protestante Terre nouvelle, association Accueil et Rencontre, les Jardiniers de Baumillon, …).

Les objectifs sont fixés : maintenir le développement d’une pédagogie sociale (Freire-Radlinska) orientée vers une tendance des pratiques Freinet portée par l’éducation à l’incertitude – recruter unE deuxième éducateurE/enseignantE polyvalentE et garant de la vie de notre tanière d’enfants et d’adultes - ouvrir 5 jours – s’ouvrir sur le quartier – mutualiser nos moyens humains et matériels avec d’autres associations – développer nos soutiens financiers.

Toute cette construction est menée à une cadence un peu trop soutenue par rapport à ce que bouscule en chacun de nous le changement d’approche conceptuelle que nous tentons de mettre en place, tant au niveau éducatif, qu’associatif. Mais nous pensons que « L’inconfort de perdre la sécurité liée à la stabilité du contenu de pensée (motivation de sécurisation) [sera] surpassé par le plaisir d’explorer de nouvelles pistes et d’entrevoir de nouveau horizons lorsque l’on peut renoncer à avoir toujours raison. »1 Si cela nous l’accompagnons du coté des enfants, nous l’espérons aussi pour nous même et du coté d’institutions plus rétives à reconnaître et encourager nos pas de danses incertains. Ces mouvements du corps ne font pourtant que reprendre des énoncés proposés par de nombreux praticiens-chercheurs aussi bien dans le champ social, politique que des sciences neurobiologique ou des arts, hier et aujourd’hui encore.

Je me permets donc par exemple de paraphraser l’appel de Severiano de Heredia2, conseiller municipal de la commune de paris en 1871 : Continuons à provoquer en [la] faveur [d’espaces d’éducation] l’action des pouvoirs publics, à demander comme une loi de salut national, une nouvelle loi [d’éducation] plus large et plus progressive.
Mais ne bornons pas là notre tâche.
Défendre par des pétitions, par la parole et par la plume, les droits de l’enfant à l’instruction scientifique et morale, c’est bien ; les lui restituer par notre seul effort, c’est mieux.
Demander des [espaces d’éducation] à l’État, à la commune, c’est notre droit : en créer nous-mêmes, ce sera notre honneur.

Sachant que dans le grand carnaval des animaux auquel nous sommes confrontés, il va nous falloir souvent revêtir le nez rouge, comme signe honorifique et distinctif d’un de nos principaux objectifs encore inavoués : l’éducation à l’humour.

Que le chapeau tourne !

Erwan
Coordinateur, enseignant-éducateur
Espaces Educatifs Bricabracs – http://bricabracs.org

1. Eduquer à l’incertitude, D.Favre, Edition Dunod, 2016
2. Conseillé par un ami, enseignant et formateur en histoire. http://www.retronews.fr/actualite/severiano-de-heredia-passe-sous-silence


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